Embargo sur l’Iran : quelles conséquences pour les entreprises normandes ?

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Depuis ce mardi, le président américain Donald Trump a décidé de nouvelles sanctions contre le régime iranien. En Normandie, de nombreuses entreprises étaient justement en train d’investir en Iran. Si elles continuent le commerce, elles s’exposent à des représailles des Etats-Unis.

Par Nicolas Corbard

C’était en novembre 2016. Le président de la région Normandie, Hervé Morin, se rendait en Iran, à Téhéran et Ispahan, avec une délégation de chefs d’entreprises normands. Objectif ? Trouver des accords commerciaux avec les sociétés iraniennes suite à la levée de l’embargo contre le régime iranien.

Depuis le Moyen-âge, la France a toujours eu des relations étroites, commercialement et culturellement avec l’Iran. Des relations qui se sont peu à peu distendues avec la révolution iranienne et l’arrivée du pouvoir islamique. La levée de l’embargo en janvier 2016 suite à un accord sur le nucléaire iranien avait rebattu les cartes.
 

 

Nouvelles sanctions 


Mais c’était sans compter Donald Trump. Le nouveau président des Etats-Unis a décidé ce mardi, tout seul, de rétablir des sanctions contre le régime de Hassan Rohani.
 

Les explications de Stéphanie Potay :

 


Les entreprises normandes avaient conclu en 2016 des contrats avec de nombreuses sociétés iraniennes, ces nouvelles sanctions sont un coup dur pour le commerce de notre région.

En octobre 2017, 300 jeunes charolais élevés dans l’Orne s’envolaient pour l’Iran. Le pays disposant de peu de ressources liées à l’agriculture, il lui fallait faire venir des bêtes de l’étranger, par avion, pour alimenter ses abattoirs.

Le contrat était important pour les agriculteurs normands, puisque 10 000 autres broutards devaient suivre.   

Depuis mardi, l’argent versé par l’Iran pour cette commande a été rendu car il avait été envoyé via le réseau interbancaire Swift. Un système américain qui gère les transactions.

Car le nœud du problème est là. Les banques craignent des représailles des Etats-Unis et ne veulent plus assurer les transactions financières entre l’Iran et les sociétés d’autres pays.
 

Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, spécialiste du Moyen-Orient et à l’origine du contrat des bovins normands, était notre invitée :

 

 

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