Orne: Patrick Mercier, fabriquant d'un camembert unique au monde, reçoit une Marianne d'or

Patrick Mercier (chemise à carreaux) a reçu ce mardi 10 juillet une Marianne d'or pour sa production de camembert fermier AOP Bio. / © Jérôme Nury
Patrick Mercier (chemise à carreaux) a reçu ce mardi 10 juillet une Marianne d'or pour sa production de camembert fermier AOP Bio. / © Jérôme Nury

A Champsecret, dans l'Orne, la ferme de Patrcik Mercier produit un camembert AOP, fermier et bio. Un cas unique au monde qui vient d'être récompensé d'une Marianne d'or, un prix distinguant habituellement des initiatives d'élus locaux.

Par CM

Depuis 1984, le concours de la Marianne d'or distingue chaque année des initiatives locales, qu'elles émanent de collectivités, d'associations ou plus récemment d'entreprises (dans le domaine du développement durable). Le palmarès du "premier concours civique de France" est, selon ses organisateurs, une"vitrine des bonnes pratiques, de l’innovation  et de l’attractivité de notre démocratie locale". Mais cette année, l'un des lauréats de l'édition 2018 fait un peu figure d'intrus.  Aux côtés des élus ou collectivités mis à l'honneur cette année, ont trouve une ferme familiale située à Champsecret, dans l'Orne, au sud de Flers.

C'est le député et vice-président du conseil général de l'Orne, Jérôme Nury, qui a soumis cette candidature afin de récompenser une démarche de qualité. Depuis 2012, Patrick et Francine Mercier produisent un camembert à triple label: fermier, AOP et bio. Un cas unique au monde. La ferme familiale, dite du Champ Secret, maîtrise chaque étape de la fabrication. Et ça commence dans le pré même. Patrick Mercier explique que plus l’herbe que mange son troupeau est jeune, plus son lait sera riche en matières grasses fluides et donc bénéfiques pour la santé.

Reportage sur la ferme des Mercier réalisé en 2015
Reportage ferme de Champsecret 2015

Pour Patrick Mercier, cette démarche de qualité est la voie à suivre pour vivre convenablement de son métier d'éleveur laitier. C'est elle qui lui a permis de résister à la crise du lait. "Quand on nous a annoncé dés 95 la suppression des quotas, on savait bien en même temps que l'espérance de production serait aussi comprimée par le prix, le prix du marché qui s'alignerait sur le prix du pays qui peut produire le moins cher", confiait-il à notre équipe en 2016, alors que la FNSE et les JA avaient engagé un bras de fer avec Lactalis. Le géant laitier ne payait alors que 25 centimes du litres aux éleveurs. Lui valorisait le sien à 75 centimes.
 

La valorisation du camembert de Normandie, Patrick Mercier en a fait un combat. Il est à la tête de l'association de défense et de gestion du camembert de Normandie, une dénomination que se sont appropriés les industriels. En 2016, il prônait la création d'une indication géographique protégée (IGP). "l'IGP donnerait une notion de vérité, elle garantirait au consommateur qu'il y a un minimum de cahier des charges derrière. Actuellement, il n'y en a pas".

Deux ans plus tard, les producteurs de Camembert au lait cru AOP de Normandie et les industriels sont parvenus à un accord, un accord qui ne passe pas forcément bien auprès des puristes, des défenseurs du lait cru, mais qui constitue pour Patrick Mercier "le départ d'un chemin qualitatif". En 2021, coexisteront deux appellations: le "Véritable camembert de Normandie", le haut de gamme, fabriqué au lait cru et moulé à la louche avec 70% de lait de vaches normandes, et le "Camembert de Normandie", pasteurisé ou au lait cru avec 30% de lait de vaches normandes.
 

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