Un élevage de poulets et de dindes épinglé par L214 pour des mauvaises conditions d'élevage

L'association de défense des animaux L214 a dévoilé, mercredi 22 mai 2024, des images montrant des poules et des dindes agglomérées dans un hangar d'élevage, dans l'Orne. L'association dénonce un nombre d'animaux dépassant celui autorisé par la préfecture et annonce porter plainte contre le groupe LDC, qui exploite cet élevage.

L'association de défense des animaux L214 a dévoilé, mercredi 22 mai, des images filmées à l'intérieur d'un hangar d'élevage intensif de poulets et de dindes situé à Belforêt-en-Perche, dans l'Orne. On y observe des milliers de volailles, sur un sol jonché d'excréments et parfois des cadavres des animaux.

30 000 volailles, bientôt 18 000 de plus ?

Le lieu est exploité par le groupe LDP, l'un des leaders de l'élevage de volailles en Europe, propriétaire notamment des marques Le Gaulois et Maître CoQ. L214 dénonce un nombre d'animaux au mètre carré dépassant les normes autorisées par la préfecture.

"C'est un immense bâtiment avec un toit en tôle, construit il y a quelques années. Il y a des dizaines de milliers de poulets, sans aucun accès à l’extérieur, sans rien d'autre que le sol ; ils vivent dans leur propre litière toute la vie, elle n'est jamais changée ; c'est leur vie et c'est une aberration totale", raconte Léo Le Ster, chargé des campagnes agroalimentaire pour L214.

Dans une vidéo mise en ligne par l'association, on apprend que le groupe LDC souhaite malgré tout étendre son exploitation. L'industriel envisage de construire un second bâtiment d’élevage afin de pouvoir accueillir jusqu'à 58 000 poulets au total, alors qu'il n’est pas autorisé à dépasser les 30 000 actuellement. Aujourd'hui, L214 décompte déjà 23 poulets par mètre carré.

"À 32 jours, ils sont envoyés à l'abattoir"

Sur les images, on peut constater des milliers de dindes et de poulets entassés. Les animaux sont parfois déplumés, certains bloqués sur le dos, incapables de se déplacer. Des cadavres gisent parmi les vivants, "des dizaines de volailles meurent chaque jour, il n'y a qu'un seul éleveur pour prendre soin de tous les animaux", assure Léo Le Ster.

Selon lui, les poulets enfermés à Belforêt-en-Perche présentent des cardiaques et pulmonaires. "Cet élevage situé en Normandie représente tout sauf la production locale", poursuit le représentant de L214. La durée de vie des animaux est très courte pour plus de rentabilité. "À 32 jours, ils sont envoyés à l'abattoir. Ils font des poulets comme des bagnoles", conclut Léo Le Ster.

Les défenseurs des droits des animaux dénoncent la stratégie de l'entreprise. "LDC participe activement au développement de l'élevage intensif en encourageant des élevages comme celui-ci. Le groupe fournit l’alimentation des poulets et des dindes et une assistance technique. LDC détermine en outre la date de transport des animaux vers ses abattoirs pour fournir notamment ses marques", précise l'association dans un communiqué.

L214 a annoncé porter plainte contre l'élevage et LDC pour mauvais traitements envers les animaux. L'association demande également au préfet de l'Orne de refuser la demande d'extension de l'entreprise LDC.

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