Pollution : déjà 4000 déchets d'engins de pêche signalés grâce à une application d'Ifremer

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emilie Flahaut

Elle s'appelle Fish & Click, et elle fonctionne depuis l'été dernier. Cette application mobile participative mise au point par l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer a reçu près de 700 signalements sur les littoraux normands, bretons et des Hauts de France.

Se balader à la mer et ramasser les déchets que vous croisez, c'est tendance. Mais le must en la matière, c'est de les photographier et de les signaler aux chercheurs de l'IFREMER via l'application Fish and Click ( puis de les déposer dans les bacs à marée, bien sûr ).

En utilisant cette application, vous donnez un sacré coup de main aux chercheurs qui travaillent sur le projet européen INdIGO, piloté par l'Université de Bretagne Sud. Ce projet a pour but de réduire de 3 % la quantité totale de plastique présente dans la zone France-Manche-Angleterre grâce au développement d’engins de pêche biodégradables. En 2018 ces filets, cordages, poches ostréicoles... représentaient 27 % des déchets marins et leurs conséquences pour l’environnement marin sont dévastatrices. 

Les poches d'huitres, une spécificité normande

En ramassant ces déchets, vous aidez les chercheurs à cartographier la pollution déjà présente des engins perdus en mer. En six mois, ce sont 4000 engins et morceaux d’engins qui ont été signalés à l'IFREMER.

Les cordages constituent 56 % des signalements à terre, majoritairement en Bretagne et dans les Hauts-de-France. La Normandie se démarque avec 27 % de déchets de matériel d’aquaculture (poches ostréicoles, filet de mytiliculture…) et 28 % de filets de pêche. En mer, 53 % des déchets recensés sont des lignes et 40 % des cordages.

Le projet européen INdIGO s'étale sur trois ans, jusqu'en 2023. Mais avec cette application mobile participative, IFREMER tient là un formidable outil pedagogique de sensibilisation à l'environnement.