Que retenir des César 2024 ? Entre Judith Godrèche, Justine Triet, Jean-Pascal Zadi et le projecteur de ... Christopher Nolan

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Temps forts de la Cérémonie des César ©France 3

Entre les discours politiques, les interventions rythmées et le palmarès, la cérémonie des César a donné la parole aux femmes, tout en reflétant la richesse et la qualité des films français de l'année. Quelles pépites de Normandie ont fait briller cette 49ème édition ?

Le triomphe de Justine Triet, avec 6 César

Meilleur film, meilleure réalisatrice, meilleure actrice, meilleur second rôle masculin, meilleur montage, meilleur scénario. Avec "Anatomie d'une chute", la réalisatrice, originaire de Fécamp, poursuit son ascension vers des sommets, toujours parsemés d'or.

Une Palme à Cannes, deux Golden Globes, 6 César, et la liste pourrait s'allonger puisque Justine Triet est nommée avec ce film dans cinq catégories aux Oscar, le 10 mars prochain. 

Toujours le bon mot, à chaque remise de prix. Justine Triet n'a pas manqué de souligner, en recevant le trophée de la meilleure réalisatrice, qu'elle n'était que la deuxième femme, lauréate de cette distinction, après Tonie Marshall ... il y a 24 ans. 

Etre la deuxième femme de l'histoire des César à obtenir ce prix, en 49 ans, ce n'est pas rien. C'est un peu flippant et génial à la fois

Justine Triet, César de la meilleure réalisatrice 2024

Jean-Pascal Zadi, son CV et Guillaume le Conquérant 

Lauréat du meilleur espoir masculin, en 2021, l'acteur et réalisateur, originaire d'Ifs (Calvados), a fait une entrée accrobatique, à la manière de Tenet, pour attirer le regard de l'un des plus grands cinéastes, le britannique Christopher Nolan, assis au premier rang.

 Jean-Pascal Zadi et Ana Girardot, CV à l'appui, lui ont fait un joli appel du pied.

Quand on a su que vous veniez monsieur Nolan, on s'est dit qu'on allait faire un p'tit truc histoire de vous montrer qu'en France, on a le sens du spectacle

Jean-Pascal Zadi, acteur et réalisateur

A l'issue de la cérémonie, l'acteur, fidèle à lui-même, a confié ne pas être impressionné par ce rôle de maître de cérémonie et tout le décorum clinquant qui va avec .

"J'avais plus d'appréhensions et de craintes pour les nommés. Je voulais vraiment que "Chien de la casse" gagne et il a remporté le César du premier film. Je ressens plus de trucs pour les gens que pour moi. Moi, c'est rien, t'inquiète pas."

Lui aussi connaît une ascension fulgurante depuis son premier film, "Tout simplement noir". Il enchaîne les tournages, poursuit sa série "En place", avec une saison 2. Si son agenda est bien rempli, la Normandie n'est jamais très loin.  

Le Calvados est toujours dans mon coeur. Même si je me retrouve à Los Angeles ou Acapulco, la Basse-Normandie sera toujours là. Guillaume le Conquérant coule dans mes veines

Jean-Pascal Zadi, acteur et réalisateur

L'intégralité de son interview réalisée par Sabine Gorny, JM. Lequertier et L. Harper

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L'intégralité de son interview réalisée par Sabine Gorny, JM. Lequertier et L. Harper ©France 3

Christopher Nolan, sensible au projecteur de Normandie

Le réalisateur de "Memento", d'"Inception", "Dunkerque", "Interstellar", ou encore "Oppenheimer" ressemble à un magicien du 7ème art. L'académie lui a donc remis un César d'honneur.

Sur scène, devant la fine fleur du cinéma français, le britannique a voulu remercier La France pour son regard si aiguisé envers les réalisateurs et la pellicule, en racontant une anecdote, qui l'a particulièrement marqué.

"Quand j'ai fait mon deuxième film, Memento, personne dans le monde ne voulait le distribuer. Mais UGC a décidé de monter le film au Grand Rex, et le succès qu'il a connu là-bas a changé ma vie.

Plusieurs années après Memento, on est venu en France pour l'avant-première de Interstellar. Là encore au Grand Rex. Quand on est arrivé sur place, on s'est aperçu que le distributeur avait fait venir un projecteur 70mm pour projeter le film. Ils avaient retiré certains sièges, ils avaient construit une cabine, ils avaient fait venir le projecteur depuis la Normandie. Et quand j'ai demandé pendant combien de temps ils allaient projeter le film dans ce format-là, ils m'ont dit que c'était juste pour l'avant-première, juste pour ce soir

Et lorsque je raconte cette histoire à Hollywood pour leur mettre un peu la honte et essayer de les encourager d'avoir ce même respect vis à vis du travail de nous, les réalisateurs, ils ne croient même pas cette histoire, ils n'y arrivent pas.

Mais une fois de plus, pour Oppenheimer, ce même projecteur 70mm a fait ce trajet de la Normandie vers le Grand Rex. Il a tourné pendant plusieurs semaines et le film a été très bien accueilli en France et ailleurs, comme nombre d'autres films que nous avons réalisés".

Les discours politiques de Judith Godrèche et Valérie Lermercier

 C'était le temps fort. Celui que toutes attendaient. Quatre ans, à peine, après le départ fracassant d'Adèle Haenel, à l'annonce de la victoire de Romane Polinski, l'académie a souhaité changer de ton. Notamment par la voix de la présidente de la soirée, la normande, Valérie Lermercier, dès le discours d'ouverture.

"Je ne quitterai pas ce plateau sans louer celles et ceux qui font bouger les us et coutumes d’un très vieux monde où les corps des uns étaient implicitement à la disposition des corps des autres"

Je parle, je parle, mais je ne vous entends pas, ou à peine

Judith Godrèche, actrice

Les maîtresses de cérémonie, Bérénice Béjo et Audrey Diwan, ont tenu à soutenir publiquement, Judith Godrèche, qui a pris la parole pour réveiller le cinéma français. Avec des mots justes et une grande dignité, l'actrice a évoqué "son passé, qui ne passe pas" , avant d'expliquer avoir reçu deux mille témoignages en quatre jours .

Un discours, aussi vibrant que nécessaire, qui, on l'espère, fera écho et ne résonnera pas que sur les plateaux.