Agression d'un homosexuel à Rouen : six ans ferme contre un homme accusé d'agression homophobe

Deux hommes ont été condamnés à des peines de prison, ce mercredi 13 janvier, par la cour criminelle de Rouen après avoir attaqué un homosexuel en 2018. Une peine de six ans de prison ferme a été prononcée pour le principal instigateur. Son complice a écopé d'une peine de quatre ans de prison.

La victime avait été rouée de coups par deux agresseurs à la sortie d'une boîte de nuit à Rouen (Seine-Maritime) en 2018.
La victime avait été rouée de coups par deux agresseurs à la sortie d'une boîte de nuit à Rouen (Seine-Maritime) en 2018. © Véronique Arnould/France 3 Normandie

Une peine de six ans de prison ferme a été prononcée ce mercredi 13 janvier contre un homme accusé d'avoir violemment agressé un homosexuel en 2018 à Rouen, à l'issue d'une audience devant la cour criminelle de Seine-Maritime.

La décision à l'encontre de Mohamed, un des deux accusés, a été assortie de l'interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. L'avocat général avait requis sept ans de prison dont deux avec sursis.

"Il s'agit d'un délinquant chevronné au parcours chaotique, fait de violences, de vol, d'extorsion. Il a une intolérance quasi-viscérale à l'homosexualité", avait-il déclaré. L'homme, déjà en détention, avait 18 condamnations à son actif pour de petits délits.

Quatre ans de prison pour le second accusé

Quatre ans de prison dont un avec sursis ont également été prononcés à l'encontre d'un second mis en cause, prénommé Jordan. Lui aussi a interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.

L'avocat général avait requis à son encontre quatre ans de prison dont deux avec sursis. "C'est un garçon rangé, inséré dans la vie. Il a eu un rôle en retrait, il n'est pas le meneur, mais il avait tout le loisir de résister", avait souligné l'avocat général.

La circonstance aggravante de l'homophobie doit être retenue contre les deux accusés. Il s'agissait d'extorquer, excusez moi du terme, des pédés. Un projet criminel clair et précis. Un traquenard.

L'avocat général

Les deux hommes ont décidé de ne pas faire appel de cette décision.

Des insultes, des coups et un vol

Les faits s'étaient produits en octobre 2018 à la sortie d'une discothèque. Un homme de 34 ans avait porté plainte contre X après avoir été roué de coups, séquestré, et avoir subi de nombreuses insultes homophobes dans une voiture dans laquelle il était monté de son plein gré. Ses agresseurs lui avaient également extorqué 800 euros, après plusieurs passages devant des distributeurs de billets. 

A l'audience, le second accusé a reconnu avoir porté des coups à la demande du principal accusé, Mohamed, dont il avait "peur", et avoir proféré des insultes à caractère homophobe.

"Mon client a fait état de menaces contre sa famille pendant l'instruction pour qu'il se taise. Son casier est vierge", a plaidé son avocat Me Etienne Noël.

"Dans la voiture, la victime a posé la main sur ma cuisse au niveau de l'entrejambe. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je me suis déchaîné sur lui en lui portant des coups", a déclaré Mohamed, précisant que c'est lui qui a "porté le plus de coups". L'avocat de la victime a démenti que son client avait mis la main sur la cuisse de l'agresseur.

"Les faits ne ressemblent pas à mon client. L'extorsion oui, mais la violence inouïe non", a déclaré l'avocate de Mohamed. "Mon client n'est pas homophobe, mais nous ne contestons pas le caractère homophobe de cette agression. Il a 5 enfants. Il est divorcé et sans domicile. Une personnalité complexe, un homme brisé", a-t-elle ajouté. 

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