Après l'incendie de son école maternelle, Petit-Quevilly est lâché par son assurance

C'était dans la nuit du 29 juin, pendant les émeutes qui ont fait suite à la mort de Nahel. L'école maternelle Robert Desnos du Petit-Quevilly, près de Rouen, était incendiée par des émeutiers. Mais alors qu'il s'agissait pour la commune du premier sinistre déclaré à leur police d'assurance, celle-ci leur a annoncé mettre fin à leur contrat. Aujourd'hui, la mairie conteste cette décision.

La gorge encore nouée, Martial Obin adjoint à la mairie de Petit-Quevilly, pointe du doigt ce qu'il reste de l'école Robert Desnos. "Vous voyez, ça sent encore la fumée... les traces sont encore bien visibles."

Les murs sont noirs de suie, les vitres brisées, le plafond complètement arraché.

Il y a un mois et demi, cette école maternelle du Petit-Quevilly devenait la cible des émeutiers.

Ils ont tout détruit avec des cocktails molotov. Ils ont incendié tout le réfectoire, d'où l'importance des dégâts et par la suite les fumées se sont propagées dans les salles de classe. 

Martial Obin, 1er adjoint en charge des finances, de l’administration générale et des ressources humaines

Le 30 juin dernier, au lendemain des faits, la municipalité dépose plainte contre X et déclare le sinistre à son assurance.

Un contrat rompu par l'assurance 

Le montant des travaux est estimé à 136 000 euros. Dans le contrat, la compagnie Helvetia prévoit une franchise de 100 000 euros. Résultat : impossible de faire rénover l’établissement. Une situation à laquelle la commune ne s’était pas préparée.

On parle d'émeutes qui ont frappé tout le pays, Petit-Quevilly est loin d'être la seule commune qui a été touchée. On pense que l'Etat pourrait nous aider et bouger un peu les assureurs comme il sait le faire.

Martial Obin, 1er adjoint en charge des finances, de l’administration générale et des ressources humaines

Helvetia annonce également résilier purement et simplement leur contrat. Pour la municipalité, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Contactée par nos soins, la compagnie d’assurance n’a pas encore répondu à nos sollicitations.

Ils nous ont indiqué qu'ils mettaient fin au contrat à cause de ce sinistre alors qu'il courrait jusqu'au 31 décembre prochain. Sachant qu'il était reconductible par tacite reconduction tous les ans donc ça nous met forcément en colère. C'est le seul sinistre que nous avons déclaré cette année...

Martial Obin, 1er adjoint en charge des finances, de l’administration générale et des ressources humaines

Avant la rupture définitive du contrat, l'assureur prendra finalement en charge les frais liés à ce sinistre. Le nettoyage du bâtiment est en cours mais il restera inutilisable. A la rentrée prochaine, la centaine d’enfants de l’école maternelle Robert Desnos sera accueillie dans un autre établissement de la commune, l’école Jean-Baptiste Clément.