Coronavirus : la surprise et la colère de deux Rouennaises revenues de Venise via Beauvais (Oise)

Deux Rouennaises parties en vacances à Venise avec leurs enfants sont rentrées via l'aéroport de Beauvais. Elles dénoncent le manque d'information et de consignes de sécurité à leur arrivée sur le sol français. De retour à Rouen, elles vont devoir rester confinées à leur domicile pendant 14 jours
 

Descente d'avion à Beauvais en provenance de Venise le 28 février 2020
Descente d'avion à Beauvais en provenance de Venise le 28 février 2020 © Béatrice Rabelle / France Télévisions
Carole et Béatrice sont des collègues. Elles travaillent à France 3 Normandie. Pour les vacances de février, elles étaient parties avec leurs enfants faire un voyage en Italie. A Venise, elles comptaient assister au célèbre carnaval.

Mais, très vite, leur voyage d'agrément au centre d'une zone touchée par la contamination au Coronavirus s'est transformé en une succession d'angoisses et de questions sans réponses. Jointes par téléphone en début de semaine, les deux Normandes avaient raconté à la rédaction de France 3 Normandie leur sentiment d'abandon, n'ayant pas d'information du gouvernement français.
Coronavirus en Italie : "On se sent abandonné", confie une famille française


"Hallucinant"

Finalement c'est hier (vendredi 28 février 2020) que Béatrice et Carole sont rentrées en France en prenant un avion qui s'est posé à l'aéroport de Beauvais, dans l'Oise.    
Mais en descendant de l'avion, une fois dans l'aérogare, les deux mères et leurs enfants vont aller de surprise en surprise !
Aucun accueil spécifique, aucune mise en  garde, aucun contrôle, aucun message de prévention,  aucune distribution de masque…

En quelques minutes, Béatrice, et Carole (et leurs enfants) se retrouvent donc sur le parking de l'aéroport, surprises, étonnées et… en colère :  

C'est hallucinant !
Soit il y a lieu effectivement d'avoir une psychose et donc le Gouvernement est dans l'obligation de prendre des mesures, soit à ce moment-là faut nous laisser tranquille ! Faut laisser effectivement les gens en vacances et pas créer un climat d'angoisse comme ça, permanent !

- Carole Lebret, chef monteuse à France 3 Normandie

 
Coronavirus : la colère de deux Rouennaises revenues de Venise
VIDEO : le reportage d'Elise Laperdrix et Bruno Belamri (montage : Alban Vian)
   

Un confinement de 14 jours, mais pas pour tout le monde

Après leur descente d'avion à Beauvais, les deux Rouennaises sont rentrées chez elles. Et elles vont y rester un bon moment puisqu'elles sont, avec leurs enfants, confinées à leur domicile pendant 14 jours. Une contrainte qui nécessite toute une organisation, à commencer par les achats de nourriture, l'école, et tous les rendez-vous à annuler et à reporter.

Ce confinement, demandé par l'employeur de Béatrice et Carole, n'est donc pas imposé à tous les autres passagers de l'avion qui a atterri dans l'Oise en provenance de Venise.
D'où un certain énervement :

Chacun fait ce qu'il veut !
Moi, je suis responsable, je vais être confinée pendant  14 jours et mes gamins aussi, mais peut-être que d'autres, dans l'avion, ne vont absolument pas faire comme ça ! Ils sont laissés à l'abandon... Débrouillez-vous !
Débrouillez-vous avec ça ! C'est complétement honteux !  

- Béatrice Rabelle, journaliste à la rédaction de France 3 Normandie-Rouen    

 

En Belgique aussi

Ce samedi, la RTBF, dans son JT de 13h a diffusé un reportage tourné à l'aéroport de Charleroi où, comme à Beauvais, des passagers en provenance d'Italie sont très étonnés de ne pas être contrôlés.
"Mine de rien, on peut laisser passer le virus !"

Les personnes interviewées font part de leur surprise alors qu'il y a 15 jours, dans l'autre sens, à leur arrivée en Italie, elles ont été contrôlées et leur température mesurée…
 

Coronavirus à Rouen : un cas confirmé, 5 agents SNCF en confinement

Un médecin du CHU de Rouen, qui effectuait aussi des consultations au cabinet médical SNCF, a été déclaré porteur positif du covid-19 et a été confiné à son domicile. Cinq agents SNCF ainsi que la secrétaire médicale sont placés en quatorzaine.

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