Lubrizol : un rapport d'expertise privilégie la piste d'un départ de feu sur le site de l'usine

Un rapport d'expertise, rendu le 4 décembre dernier, privilégie la piste d'un départ de feu sur le site de l'usine, lors de l'incendie du 26 septembre 2019. Le départ du sinistre ne serait donc pas partie de son voisin, Normandie Logistique.
Le site de Lubrizol à Rouen, le 30 septembre 2019, quatre jours après l'incendie.
Le site de Lubrizol à Rouen, le 30 septembre 2019, quatre jours après l'incendie. © Arnaud Dumontier/MaxPPP
Un rapport d'expertise rendu ce vendredi 4 décembre évoque les différentes pistes sur le départ du feu de l'usine Lubrizol, à Rouen, le 26 septembre dernier. Selon le document, l'incendie serait parti du site de l'usine Lubrizol et non des entrepôts de la société voisine, Normandie Logistique.

Les premières conclusions des experts évoquent "un départ sur l'emprise de la société LZ (Lubrizol, ndlr) - au niveau du stock de produits finis longeant le mur mitoyen au Nord-Ouest du bâtiment T3". Si cette piste est privilégiée, le texte rappelle toutefois que "l'origine de l'incendie n'a pu être précisément et formellement localisée".

Deux hypothèses mises en avant

"Rappelons que nous aurons eu à opérer sur une scène ayant fait l'objet de modifications avant et pendant notre intervention, potentiellement préjudiciables à la compréhension des phénomènes qui se sont produits, et par extension à la recherche de la vérité", tiennent à souligner les experts.

Ils exposent ensuite leurs premières conclusions en deux hypothèses :

La société Lubrizol se défend

La direction de Lubrizol avait à plusieurs reprises affirmé, y compris devant la commission d'enquête du Sénat sur le sinistre, qu'elle pensait que la "source de l'incendie se situait au-dehors de" son site. De son côté, Normandie Logistique avait répliqué qu'il était "quasi impossible" que le feu soit parti de ses propres locaux.

Après la publication de ce premier rapport d'expertise, la société américaine a fait savoir, dans un communiqué envoyé à l'AFP, qu'elle "examinera avec la plus grande attention l'intégralité du rapport d'expertise pour solliciter si nécessaire un complément d'expertise ou une contre-expertise".

L'avocate de l'entreprise, maître Bénédicte Graulle, a rappelé que les conclusions du rapport ne peuvent pas certifier un départ de feu sur le site de Lubrizol : "On est sur des hypothèses. La justice ne peut se satisfaire d'hypothèses. Rien ne permet d'exclure à ce jour que le feu soit parti de l'extérieur."
 
De son côté l'association Union des victimes de Lubrizol, qui a longtemps attendu les premiers éléments de ce rapport, s'est "félicitée de ces éclaircissements", même si l'heure n'est qu'aux "hypothèses". "Pollueurs/Payeur, il faudra payer lourdement nous l'espérons, pour que plus jamais ça", a ajouté l'association.

 
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