Procès de Saint-Etienne-du-Rouvray : un des accusés demande pardon à une sœur du père Hamel et au rescapé de l'attentat

Publié le Mis à jour le
Écrit par Maxime Fourrier et Amandine Pointel

L'un des trois accusés jugés depuis lundi à la Cour d'assises spéciale de Paris, près de six ans après l'attentat terroriste à Saint-Etienne-du-Rouvray, a demandé "pardon" au rescapé Guy Coponet et à une des sœurs du père Hamel.

« Je vous demande pardon », tels sont les mots prononcés par Farid Khelil, cousin de l’un de deux assaillants , Abdel-Malik Petitjean, soupçonné d’avoir été le « meneur » de l’attentat du 26 juillet 2016 à l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, ayant entraîné la mort du père Hamel. 

Farid Khelil fait partie des trois accusés jugés depuis lundi à la Cour d'assises spéciale de Paris près de six ans après l'attentat terroriste à Saint-Etienne-du-Rouvray.

"C'est à vous que je pense tous les matins et au père Hamel"

Prenant la parole après le témoignage du rescapé Guy Coponet devant la cour, Farid Khelil, jugé pour "association de malfaiteurs terroriste" et cousin du terroriste Abdel-Malik Petitjean, a qualifié les deux assaillants - tués après l'attentat - de "monstres".

"Vous avez dit que vous pensiez à eux tous les matins, moi, c'est à vous que je pense tous les matins et au père Jacques, Monsieur Hamel [tué dans son église]. Ça fait cinq ans, six mois et vingt jours que je veux vous parler. Je vous demande pardon. J'aurais dû faire beaucoup plus avec mon cousin", a-t-il déclaré à l'attention du rescapé.

A ces mots, Guy Coponet, qui a été grièvement blessé pendant l'attentat le 26 juillet 2016, s'est incliné, a serré ses deux mains l'une dans l'autre et a dit merci. A la sortie de l'audience, le paroissien à réagi sereinement :   « Un accusé qui demande pardon, c’est formidable. Il y a une présence, quelque part, qui va les relier les uns aux autres, un jour. Il faut que le temps passe, que cela soit assimilé dans nos cœurs. Il faut garder l’espérance, je suis persuadé que ça ira mieux un jour. Ce matin, c’était profitable. » 



Dans l'après-midi, ce même accusé a adressé des excuses à Roseline, l'une des sœurs du père Hamel : 

J'aimerais vous dire : jamais je n'aurais pu imaginer que mon cousin puisse attaquer votre frère. Vous avez dit : ils n'auront pas votre haine. Sachez Madame que vous avez tout mon amour. Je vous demande pardon de ma négligence criminelle.

Farid Khelil

"En émettant sincèrement un doute sur votre sincérité, j'avoue que les paroles que vous avez adressés à Guy Coponet ce matin et [à elle] à l'instant, ces paroles me font beaucoup de bien", a répondu Roseline Hamel. Farid Khelil a dit comprendre ses "réserves" et que sa colère était "légitime" mais lui a demandé de croire à ses excuses.

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