Rouen : "La leçon à tirer pour nous judokas c'est qu'on doit rester humains et fidèles aux valeurs de cette discipline"

 Le vice-champion olympique de judo et exilé politique, Saeid Mollaei, est venu ce dimanche 17 octobre présenter ses techniques atypiques et raconter son histoire hors du commun au Judo Club Grand-Quevilly. Pour le plus grand plaisir des judokas présents.

Médaillé d'argent de judo aux Jeux Olympiques de Tokyo, champion du monde en 2018 et exilé politique, rien que ça. Mais loin de lui tout orgueil, au contraire. C'est avec beaucoup d'humilité que le réfugié iranien Saeid Mollaei est venu ce dimanche 17 octobre partager ses techniques et raconter son histoire hors du commun au Judo Club Grand-Quevilly, près de Rouen.

Avec beaucoup de pédagogie, Saeid Mollaei a commencé à montrer sa prise la plus atypique, un mix de judo et de lutte en référence à son pays d'origine, l'Iran. Dans le pays, la lutte est considérée comme le sport national. "Il faut à la fois avoir de la force dans le dos mais aussi savoir saisir le bon moment, l'objectif est de surprendre vos opposants", explique l'athlète.  

Les sportifs réunis, en majorité des professeurs de judo, ont été impressionnés. 

Il pratique un mouvement de judo bien à lui, une forme de Kata-Guruma. C'est comme s'il se sacrifiait, il propulse sa tête et son corps en arrière pour projeter son adversaire. Il y a des chances qu'on enseigne ce geste au club. 

Paco Legrand, directeur technique au Judo Club Grand-Quevilly

Voici une vidéo pour mieux comprendre : 

 

Vice-champion olympique et exilé politique 

Déjà champion du monde de judo en 2018, Saied Mollaei reçoit, lors des demi-finales des Mondiaux de Tokyo en 2019, l'ordre du comité olympique iranien d'abandonner contre le belge Matthias Casse pour ne pas avoir à affronter l'Israélien Sagi Muki en finale. Par peur des représailles, il obéït mais il félicite quand même sur Instagram Sagi Muki devenu champion du monde. Un message qui déplaît fortement aux autorités iraniennes.

Il s'exile ensuite en Allemagne et participe quelques temps à des tournois sous les couleurs de l'équipe des réfugiés, avant d'obtenir la nationalité mongole. C'est sous les couleurs de ce pays qu'il concourt aux JO de Tokyo et qu'il remporte la médaille d'argent dans la catégorie des -81 kg face au japonais Takanori Nagase. Une très belle victoire pour lui. 

Je consacrais mon temps à m'entraîner pour les JO, je voulais une médaille. Je ne voulais pas qu'on décide contre qui j'allais ou pas me battre. Et puis je voulais aussi gagner une médaille pour toute ma famille et tous mes amis que j'ai laissés en Iran et pour tous les athlètes qui ont subi la même épreuve que moi.

Saeid Mollaei, vice-champion olympique de judo

Déjà en admiration face à l'efficacité et l'originalité des techniques de Saeid Mollaei, les judokas présents ont été également très touchés par son histoire. 

Le magnifique sourire qu'il affiche après toutes les épreuves qu’il a subies, c’est impressionnant.

Guillaume Gadrat, ceinture noire de judo

 J'adore ce qu'il véhicule comme valeurs : l'amitié, le respect. La leçon à tirer pour nous judokas c'est qu'on doit rester humain et fidèle aux valeurs de cette discipline que nous aimons tous.

Alain Bouyou, ceinture noire de judo

Prochaine compétition pour Saied Mollaei : en Israël, un pays où il est désormais adulé. 

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