Rouen : la statue de Napoléon sera replacée sur le parvis de l’Hôtel de ville

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Écrit par Mathilde Riou et Amandine Pointel

Les résultats du vote en ligne concernant la concertation ‘Et si on statuait ?’ ont été transmis ce lundi 13 décembre 2021. 4080 personnes ont participé à ce vote, parmi lesquelles 68% souhaitent le retour de la statue Napoléon sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Rouen.

C'est un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre et suscité beaucoup de commentaires. Faut il réinstaller la statue équestre de Napoléon sur la place de l'hôtel de ville de Rouen, un fois sa restauration achevée ? Les résultats de la concertation en ligne ‘Et si on statuait ?’ ont été transmis ce lundi 13 décembre 2021. Au total, 4080 personnes (sur 110.000 habitants) ont participé à ce vote.   

Aménagement de la place de l’Hôtel de Ville, représentation des femmes dans l’espace public, statue de Napoléon étaient les thèmes de ce vote. 4080 habitants de Rouen ont voté. La Mairie s’en félicite « il s’agit de la plus haute participation jamais enregistrée dans l’histoire de la démocratie participative à Rouen. »

Napoléon bientôt de retour sur son socle   

Les Rouennais ont tranché, 68% souhaitent voir revenir la statue à sa place initiale.  Depuis 1865, la statue équestre de Napoléon se trouvait au centre de la place de l'hôtel de ville. Le 2 juillet 2020 elle avait été descendue de son socle et envoyée en restauration. Fragilisée par des fissures sur l'une des pattes du cheval, la statue pouvait présenter un risque de chute et donc un danger pour les passants.

Pendant le chantier de restauration de la statue et avant son retour, la Ville de Rouen avait initié un débat public sur l'avenir de la place de l'hôtel de ville et  la question de la place des femmes et de la représentation féminine dans l’espace public.

Les chiffres à retenir  :

  • 65 % des votants souhaitent que la représentation des femmes soit renforcée pour la dénomination des rues et des espaces publics,
  • 77 % des votants sont favorables à une plus forte renaturation du parvis de l’Hôtel de Ville,
  • 81 % des votants veulent favoriser les modes de déplacements doux,
  • 68 % des votants souhaitent le retour de la statue de Napoléon sur la place de l’Hôtel de Ville,  

"On ne déboulonne pas notre Histoire"

Les réactions ne se sont pas faites attendre sur les réseaux sociaux. Chez nos politiques normands tout d'abord, avec la réaction de Marine Caron, la conseillère municipale centriste et candidate aux dernières élections municipales en 2020 est rassurée de ce résultat et parle d'un "véritable camouflet pour la municipalité".

"Les rouennaises et les rouennais ont du bon sens ! La statue & son socle ne font bien sur qu’un, c’est ce qui s’appelle respecter l’intégrité de l’œuvre !", a tweeté Catherine Morin-Desailly, sénatrice centriste de Seine-Maritime.

"Les Rouennais refusent ici la politique sectaire du maire socialiste Nicolas Mayer-Rossignol", indique Nicolas Bay, Président du groupe RN au Conseil régional de Normandie.

Une polémique au-delà des "frontières" rouennaises

La classe politique au-delà des frontières locales n'a pas non plus manqué de réagir. "Victoire du bon sens populaire sur l’idéologie woke !", a réagit la Député français au Parlement européen et membre du Rassemblement National Hélène Laporte.  

"N'acceptons plus que cette minorité woke nous impose ses délires idéologiques !", indique Nicolas Meizonnet, député RN du Gard.

Il faut dire que depuis sont retrait de la place de l'Hôtel de ville pour restauration en juillet 2020, le sujet avait provoqué de vives réactions. Lors des journées du patrimoine deux mois plus tard, le maire PS Nicolas Mayer-Rossignol évoquait l'idée de remplacer Napoléon par une figure féminine. Une déclaration qui avait provoqué l'indignation de certains Rouennais et au-delà, au point de devenir pour certains un symbole de la cancel culture. 

Selon le communiqué publié ce lundi 13 décembre par la Ville de Rouen : "de très nombreux Rouennaises et Rouennais ont fait des propositions pour des aménagements provisoires en attendant la fin de la restauration de la statue. La Mairie suivra naturellement ces orientations, comme elle s’y était engagée."