Santé. Qu'est ce que le SOPK , syndrome des ovaires polykystiques qui touche plus d'une femme sur dix ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Agathe Tournoux .

Le syndrome des ovaires polykystiques, ou SOPK, est reconnu comme étant la première cause d'infertilité au monde. Encore méconnu, il touche plus d'une femme sur dix et aucun traitement n'existe à ce jour. Zoom sur cette maladie exclusivement féminine.

À l'instar de l'endométriose, autre pathologie qui touche uniquement les femmes, le syndrome ovarien polykystique est très répandu dans la population mais pourtant peu de gens connaissent son existence s'ils n'y sont pas directement confrontés. Entre errance médical, méconnaissance et désintérêt des professionnels de santé, les femmes qui en sont atteintes dénoncent des manquements dans la prise en charge. 

Le SOPK, qu'est ce que c'est ? 

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la maladie hormonale la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Le nom de cette maladie vient de sa description, effectuée dans les années 30, reposant sur l’observation de ce que l’on pensait être des kystes dans les ovaires des patientes. Il s’agit en fait de multitudes de follicules au développement inachevé. 

Les symptômes de ce dérèglement hormonal sont multiples. La majorité des femmes concernées présente des troubles de l'ovulation qui se traduisent par des cycles irréguliers voire l'absence totale de règles ( aménorrhée) et entraînent un risque d'infertilité (pas de stérilité, beaucoup de femmes arrivent à avoir des enfants, parfois grâce à une aide médicale). 

Vient ensuite l'hyperandrogénie due à une production excessive de testostérone. Cet excès entrainera une hyperpilosité chez 70 % des femmes atteintes du syndrome, ainsi que de l'acné et de l'alopécie ( chute de cheveux). 

L’hyperandrogénie prédispose à l’insulinorésistance et au diabète. Les patientes présentent aussi une élévation du risque d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires.

Les symptômes peuvent être plus ou moins importants selon les femmes mais ils entraînent souvent un manque de confiance en soi, pouvant aller jusqu'à la dépression. 

Première cause d’infertilité féminine au monde

C’est la plus grande frayeur des femmes diagnostiquées SOPK, l’infertilité. En effet la rareté et l’absence d’ovulation sont responsables d’infertilité chez environ 50 % des femmes présentant des ovaires polykystiques. 

 C’est principalement l’excès de l’insuline et son utilisation aberrante par le corps, ainsi que l’excès des androgènes qui va bloquer les ovaires au niveau de l’ovulation… ce n’est pas du tout une maladie des ovaires contrairement à ce que laisse penser son nom, mais une maladie hormonale! 

Docteur Trimech, gynécologue au Havre

Des déséquilibres hormonaux qui empêchent aux follicules qui se développent dans les ovaires de mûrir correctement. Les follicules qui se développent restent coincés à l’intérieur des ovaires; et un ovule non libéré ne peut être fécondé. La procréation sera probablement plus compliquée que pour le reste de la population, « mais rien d’impossible », tient à rassurer le Docteur Trimech, gynécologue au Havre. Fertilité ne veut pas dire stérilité, et de nombreux traitements existent pour faciliter la procréation. 

Errance médicale et manque de reconnaissance

Fanny, jeune havraise de 21 ans, souffre de nombreux symptômes du SOPK depuis l'adolescence mais n'en connait pas la cause jusqu'au jour où elle consulte un gynécologue. «J'ai eu un retard de règle très important, je suis donc allée consulter et là le médecin m'annonce que mes ovaires sont remplis de follécules et que je souffre probablement d'un sopk..." Mais le spécialiste reste vague et laisse la jeune femme sous le choc et sans réponse. 

Une expérience vécue par beaucoup de femmes qui se retrouvent souvent à se renseigner par elles-mêmes sur internet et peinent à trouver un médecin à l'oreille attentive. Le manque de connaissance et d'intérêt du monde médical pour cette pathologie impacte la prise en charge des patientes, le diagnostic met en moyenne dix ans à être posé

Afin de confirmer le diagnostic, il est nécessaire de faire un bilan sanguin et, de réaliser une échographie abdominopelvienne.

Pas de traitement curatif mais la nécessité d'un environnement sain pour réduire les symptômes

Il n'existe pour le moment aucun traitement curatif pour le SOPK mais seulement des traitements symptomatiques pour l'acné, l'hyperpilosité et la prise en charge de l'infertilité. Le mode de vie peut cependant impacter directement le développement ou non du syndrome. 

L’excès de poids va augmenter les hormones qui vont provoquer un excès de poids. Pour casser cette chaine, on est obligé d’agir directement sur le poids.

Docteur Trimech, gynécologue au Havre

Pour le docteur Trimech, même une perte minime de poids peut avoir un effet bénéfique. Mais il craint une augmentation du nombre de femmes atteintes du syndrome avec la dégradation de nos habitudes alimentaires et l’augmentation de l’obésité au sein de la population mondiale. Il prône une meilleure sensibilisation, "plus on va agir tôt pour éduquer la jeune fille ou la jeune femme à avoir un rythme de vie sain ca va lui éviter toutes les complications."

En parler pour mieux agir

Patientes comme professionnels, tous sont unanimes quand il s'agit de la nécessité de rendre cette pathologie plus visible et faire ainsi avancer la recherche qui évolue peu, particulièrement en France.

L'association Esp'opk  s'attèle à casser le tabou et offre une tribune aux femmes qui le souhaitent, permettant ainsi de créer une communauté pour briser l'isolement que cette pathologie peut entraîner. 

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