Au fil des vignes : les petits vins du Limousin

Le Limousin est le terroir du sud de la France qui dispose du moins de vignes…Quelques hectares en Corrèze, en Haute-Vienne et en Creuse qui s'animent à l'heure des vendanges. Ici, on produit avec modération mais avec passion. 

Du rouge, du blanc, du rosé, il y a du vin produit en Limousin.  Il s'agit d'une production anecdotique, le territoire est cerné par les Bordeaux, Cognac, Pomerol, Saint-Emilion, Margaux… Mais il subsiste malgré tout quelques vignobles, hérités d'une culture viticole autrefois prestigieuse mais ravagée par les épidémies.


Le Rosé de Verneuil

Dans les années 90, un groupe de passionnés décide de replanter de la vigne, à l'endroit même où autrefois, 270 hectares étaient exploités. Aujourd'hui, ce sont plus de 5 hectares qui pourraient donner jusqu'à 30 000 bouteilles en 2018. Un renouveau car avec 80% de perte en 2017 en raison du gel, le domaine était en danger.
                 

L'AOC pour les vins de Corrèze

Le vignoble corrézien s'étend sur 75 hectares avec une production de 250 000 litres en moyenne. Depuis mai 2017, une AOC labellise la production réalisée sur 26 communes, sur les coteaux de la Vézère et dans les cantons de Meyssac et Beaulieu-sur-Dordogne. Cette AOC valorise des vins tranquilles rouges et blancs et des vins de paille.
 
 

L'exception Creusoise

Du vin dans la Creuse ? Ils sont plusieurs à avoir voulu tenter l'aventure, à Bétête ou encore à Mortroux. Geoffrey Estienne, lui, a planté 1 hectare de vigne à Boussac-Bourg : six cépages européens, issus de la viticulture bio. Ce n'est pas encore l'heure des vendanges pour lui. Les premiers vins sont attendus en 2019.
 
 

Des grands crus ? 

Si le réchauffement climatique se poursuit, il risque d'entraîner une migration des cultures de plus de 100 kilomètres vers le nord. Les conditions seraient alors idéales pour développer les vignobles en Limousin. Pour cela, les viticulteurs devront adapter leurs cépages, envisager des vendanges précoces... Autre problème : la sécheresse qui va modifier sans doute la manière d'irriguer les vignes. Certains professionnels envisagent déjà des mutations...
 
Reportage de Gwenola Bériou, Thomas Milon et Stéphane Bayle. Montage de Sophie Spielvogel. Intervenants : Jean Mage, viticulteur, Président de la fédération des vins paillés de la Corrèze / Jean-Pierre Pastier, viticulteur - Rosé de Verneuil / Philippe Leymat, viticulteur, Président de la Cave viticole de Branceilles