Charente-Maritime : des concombres de mer élevés dans les claires de l'Île d'Oléron

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Écrit par Christine Hinckel
Ces concombres de mer d'élevage ont passé l'été dans les claires de Charente-Maritime.
Ces concombres de mer d'élevage ont passé l'été dans les claires de Charente-Maritime. © Cédric Cottaz/ France Télévisions

Ces animaux, que l'on appelle concombres de mer en France, n'ont vraiment rien d'attrayant mais ils pourraient bientôt devenir très intéressants d'un point de vue économique et environnemental pour les ostréiculteurs. Une expérience d'élevage est actuellement menée dans les claires d'Oléron.

Ces holothuries, une sorte d'animal marin au corps mou ressemblant à un tube, portent des noms bien différents d'un pays à l'autre, en France on les appelle communément concombres de mer. Au premier abord, leur aspect n'a rien d'attrayant et pourtant ils se vendent très cher, essentiellement dans les pays du Sud-Est asiatique. Le kilo d'holothuries séchées se vend en moyenne à 400 euros sur le marché chinois.

En raison des toxines qu'elles contiennent, les holothuries ne peuvent pas être consommées crues. Elles doivent être cuisinées ou séchées et auraient alors des vertus aphrodisiaques. Elles sont très prisées sur le marché chinois et leur consommation est très importante dans toute l'Asie. Le concombre de mer intéresse également les pharmacologues car il aurait des vertus médicinales, notamment anti-inflammatoires, anti-cancéreuses ou anti-tumorales.

Permettre aux ostréiculteurs de diversifier leur production

Depuis cet été, une expérience est menée dans les bassins du Centre pour l'aquaculture, la pêche et l'environnement de Nouvelle Aquitaine (CAPENA, ex Creea) installé au Château d'Oléron. Le but de cette expérience est de voir si les concombres de mer peuvent s'acclimater aux eaux des claires et se développer aux côtés des huîtres. Si les résultats sont concluants, les ostréiculteurs pourraient ainsi pouvoir à la fois diversifier leur production et diminuer l'impact environnemental de leur activité. 

Nous sommes là pour faire la preuve que ce que nous mettons en place fonctionne et que cela peut apporter un plus financier et environnemental aux professionnels. C'est peut-être une nouvelle voie de diversification pour la filière et de développement de l'aquaculture.

Cédric Henaache, ingénieur  d'étude au CAPENA

Les écologues travaillent aussi sur la valorisation des algues poussant dans les parcs ostréicoles. Toutes ces espèces pourraient à terme devenir autant de voies que les professionnels de l'aquaculture pourront exploiter pour diversifier leur production.

Amateurs de déchets déposés sur les fonds marins

Les concombres de mer qui vivent posés sur les fonds marin et rampent pour se déplacer, se nourrissent principalement de sable et de déchets.

Les concombres de mer vont manger les déchets que vont produire les huîtres et ça va permettre de purifier l'eau et améliorer ainsi sa qualité. Cela peut être bénéfique pour les huîtres. Ce projet s'inscrit dans un cadre plus vaste. Nous voulons développer la culture de concombres de mer mais aussi celle des vers marins qui servent d'appâts pour la pêche de loisir et pour l'élevage de la crevette.

Cédric Hennache, ingénieur d'étude au CAPENA

Une espèce menacée par la surpêche

Le choix des holothuries pour mener cette expérience ne doit rien au hasard. A l'état sauvage, l'espèce est aujourd'hui menacée par la surpêche notamment dans les eaux asiatiques pour répondre à la demande du marché qui est très forte dans cette région du monde.

Face à la surpêche des espèces tropicales, l'idée c'est de compléter et de suppléer cette pêche avec des animaux d'élevage. La surpêche ne va pas pouvoir durer. Donc l'intérêt c'est de pouvoir proposer au marché asiatique de nouvelles espèces provenant de l'aquaculture. Celles-ci ne sont pas encore sur le marché mais elles vont pouvoir le devenir. 

Pierrick Barbier, écologue au CAPENA.

Aujourd'hui, 58 espèces d'holothuries sont pêchées pour la consommation humaine mais pour plusieurs d'entre elles, les effectifs ne cessent de chuter. Ce déclin est dû esentiellement à la surpêche mais aussi à la dégradation de l'environnement marin.

L'expérimentation menée par les écologues du CAPENA a débuté en mai dernier et devrait prendre fin cet automne. La commercialisation éventuelle, si ces tests sont jugés satisfaisants, par les ostréiculteurs de Marennes-Oléron, devra elle encore attendre un peu pour être effective.

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