Tourisme. A Rochefort l’Hermione attend avec impatience le retour de ses visiteurs

En plein brouillard économique et face à une météo sanitaire toujours compliquée l’Arsenal des mers de Rochefort et son navire amiral, l’Hermione, attendent avec impatience le retour de leurs visiteurs. Etat des lieux avec sa directrice générale.

L'Hermione lors d'une de ses sorties sur la Charente.
L'Hermione lors d'une de ses sorties sur la Charente. © Xavier Léoty- MaxPPP

La bonne nouvelle, c’est que les français pourront partir en vacances sur tout le territoire en juillet août !

Amandine Lecoq, la directrice générale de l’Arsenal des mers de Rochefort avoue respirer un peu mieux depuis l’allocution du premier ministre, consacrée au secteur du tourisme, ce jeudi. Même si toutes les hypothèses ne sont pas encore levées, l’horizon semble se dégager doucement pour les professionnels du tourisme. Comme pour l’ensemble du secteur, ces deux mois et demi de fermeture imposés par le Coronavirus pèsent lourdement sur la trésorerie. 

600.000 euros de perte, ça représente 25% de notre chiffre d’affaire.
Amandine Lecoq, directrice générale de l'Arsenal des mers 

"Pour nous, les périodes des vacances de Pâques et des longs week-end de mai sont particulièrement importantes." Il faut dire que l’Arsenal des Mers de Rochefort, c’est bien sûr son incontournable navire amiral : l’Hermione, mais pas que. La réplique de la frégate de Lafayette joue également les têtes de gondoles pour la découverte de trois autres sites implantés à Rochefort : l’accro-mâts, situé juste à côté du navire, le Musée de la marine et la Corderie Royale. Alors la grande question, aujourd’hui, est de savoir dans quelles conditions ces quatre sites pourront rouvrir au public.

La Corderie Royale à Rochefort.
La Corderie Royale à Rochefort. © Hubert Gernot - MaxPPP

De l’anticipation mais encore de nombreuses questions

Notre priorité c’est naturellement de protéger les 70 membres de notre personnel dont l’essentiel est aujourd’hui au chômage partiel. - Amandine Lecoq, directrice générale de l'Arsenal des mers

Du gel hydroalcoolique, des masques, des visières et des hygiaphones ont été commandés et la désinfection des bureaux du personnels administratif est également prévu. En revanche, faute de directives précises, rien n’est encore établis concernant l’accueil du public. "Les protocoles sanitaires ne sont pas encore définitivement arrêtés par les autorités, mais nous avons d’ores et déjà anticipé en prévoyant, par exemple, de possibles barriérages pour canaliser le flux de visiteurs, des marquages au sol, et une surface de cinq mètres carrés entre chaque visiteur sont prévus." Et à ce propos, une question taraude la responsable du site. 

Il s’agit de savoir si une famille qui vient en voiture constitue une seule entité pour laquelle les distances de sécurité n’ont pas lieu de s’appliquer puisque tout le monde a partagé l’habitacle du véhicule durant le voyage ou si au contraire il faudra prendre en compte individuellement chacun des membres de cette famille en appliquant les distances de sécurité. Pour nous cette notion aura un impact déterminant sur le nombre de personnes que nous pourrons accueillir et pour le moment nous n’avons pas la réponse!
Amandine Lecoq, directrice générale de l'Arsenal des mers

Il faut garder la tête froide on imagine tous les scénarios

Il faudra encore attendre un peu en espérant qu’elle fera partie des mesures sanitaires qui seront communiquées à partir du 25 mai prochain, et croiser les doigts…
"L’ensemble du site est particulier puisque nous disposons d’espaces ouverts comme le pont de l’Hermione et l’accro-mâts et d’espaces fermés que sont le Musée de la Marine et la Corderie Royale, il faut donc que les mesures sanitaires prennent en compte cette spécificité."
C’est pour toutes ces raisons que la direction de l’Arsenal des Mers élabore en ce moment son protocole.

Il faut garder la tête froide, on imagine tous les scénarios et nous allons présenter un document au Préfet de la Charente-Maritime . C’est lui qui le validera ou pas.
- Amandine Lecoq, directrice générale de l'Arsenal des mers

La frégate Hermione sous voiles en 2019.
La frégate Hermione sous voiles en 2019. © Association Hermione – La Fayette / Maxime Franusiak

160.000 visiteurs attendus : moitié moins que l’an dernier

Et puis, il y a un élément qui joue en faveur de cette réouverture : "Compte tenu de l’étendu du site, nous disposons de plusieurs points d’entrées et de sorties. Nous avons longtemps considéré que cela était un problème, aujourd’hui c’est un atout, car cette particularité va nous permettre d’organiser plus facilement les flux de visiteurs."
Quoi qu’il arrive, l’Arsenal des mers se prépare à faire face à une saison moins florissante que l’an dernier. En 2019 quelques 340 000 personnes avaient parcourus l’ensemble du site durant l’été. "Les dernières prévisions que nous avons arrêtés tablent sur un potentiel de 160 000 pour juillet et août cette année, c’est moins de la moitié", déplore Amandine Lecoq. 

Il y a encore beaucoup d’incertitude économique.
Amadine Lecoq, directrice générale de l'Arsenal des mers 

En tous cas, l’annonce d’Edouard Philippe concernant la réouverture des cafés et des restaurants, début juin, dans les départements «verts» va dans le bon sens. "C’est primordial pour nous, car notre offre implique de passer la journée sur place afin d’avoir le temps de découvrir l’ensemble du site. Il faut donc pouvoir se restaurer sans difficultés." Et de ce côté là, le verrou semble être levé.
Reste maintenant à déterminer à quel moment le site rouvrira. "Il faut voir en fonction du potentiel. J’aimerais pouvoir faire un test, peut-être début juin ou début juillet nous verrons."
Comme l’ensemble du secteur touristique, l’Hermione et son armada muséale devront donc patienter avant de retrouver une allure de croisière optimale ainsi qu'un horizon sanitaire et économique dégagé.

Rochefort - Charente-Maritime

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
tourisme économie mer nature musée culture
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter