Témoignage. Eglise de la scientologie : "c’est une pseudo-science qui ne fonctionne pas, je le sais, je l’ai utilisée", raconte un ancien adepte

Publié le Mis à jour le Écrit par Marianne Leroux et Francesconi Sarah

L’Église de scientologie, considérée comme une secte, vient d’inaugurer un nouveau site en Ile-de-France. Alors que plusieurs autorités s’inquiètent de la situation, nous avons recueilli le témoignage d’un ancien scientologue installé en Charente depuis 12 ans.

À 58 ans, Ludovic Durand a consacré un tiers de sa vie à la scientologie. D’abord simple auditeur, il devient rapidement chargé de former d’autres recrues. Avec dix années de recul, il réalise sa naïveté. "Ce n'est pas des gens malintentionnés.La majorité ne se dit pas, "on va leur vider les poches". Ils prennent soin des gens et sont bien intentionnés, parce qu’ils sont persuadés que ce qu’ils font est la solution pour sauver l’humanité", confie-t-il. “Le danger est que tout ça repose sur des choses totalement fausses.

C’est une pseudo-science qui ne fonctionne pas. Je le sais, je l’ai utilisée.

Ludovic Durand

Ancien adepte de la scientologie

Pendant 20 ans, Ludovic croyait pourtant en la scientologie. "Je pensais que j'allais faire des miracles et résoudre de vraies difficultés, mais je n'ai jamais eu de résultats, ni sur moi ni sur les autres”.

"Ça détruit les familles"

Au-delà des dettes qui s’accumulent, de nombreuses lectures vont progressivement faire douter cet ancien adepte. "Ça m’a pris quelques années pour faire table rase de mes croyances", reconnaît-il.

Aujourd'hui, je suis convaincu que tout ça repose sur du vent.

Ludovic Durand

Ancien adepte de la scientologie

Il a coupé les ponts avec tous ses "collègues" et dénonce depuis des années les pratiques et les abus de la scientologie. "À partir du moment où vous critiquez la scientologie, son fondateur ou son personnel, vous êtes considéré comme une source d’ennui. À terme, si vous ne changez pas de point de vue, on va demander aux scientologues de couper les liens avec vous. Et le danger, il est là, c’est que ça détruit les familles".
Son premier fils, né dans la scientologie, est resté dans l’organisation. Ludovic n’a pas eu de ses nouvelles depuis six ans. "J’ai peur pour lui, je crains qu'il claque beaucoup d'argent, des sommes monumentales pour des lubies".

Une organisation à bout de souffle

Samedi 6 avril, Ludovic Durand a fait le déplacement jusqu’à Saint-Denis, en Ile-de-France, pour manifester contre l’inauguration du nouveau bâtiment de scientologie. À quatre mois des Jeux Olympiques, les autorités redoutent une tentative de promotion massive. Ludovic dénonce le coup de buzz d’une organisation à bout de souffle."Ils ne pourront jamais maintenir cet énorme bâtiment de 7000 m², les factures d’électricité vont être trop importantes".

Je suis content parce que ça va être leur cercueil.

Ludovic Durand

Ancien adepte de la Scientologie

Les adeptes ne sont plus aussi nombreux. Pour l'ancien adepte, l'organisation se dirige vers une mort assurée. "Ils prennent le même chemin dans tous les autres pays, ils ont fait pareil à Londres, à Madrid, aux Etats-Unis. Ils ferment les anciennes organisations et ils en ouvrent des gigantesques, payées uniquement avec les donations des paroissiens. Eux, ça ne leur coûte rien. C'est un investissement financier, c'est bénéfique pour eux, mais ce sont des bâtiments qui deviennent vides".

En France, l’Eglise de scientologie revendique 45 000 adhérents. Mais selon Ludovic, seules 2 000 personnes seraient encore actives dans la structure, considérée comme une secte par de nombreux rapports parlementaires. “Dans leurs chiffres, ils vont compter le pauvre gars qui a fait un cours de 50 euros il y a 5 ans. En France, la scientologie est un microphénomène".

Propos recueillis par Sarah Francesconi.

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