Après la grêle, l'heure des comptes pour les viticulteurs

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Écrit par Sophie Goux

Après les violents orages de grêle qui ont frappé les deux départements charentais il y a 48 heures, les viticulteurs évaluent les dégâts.

"On croyait qu'on allait subir une sécheresse cette année mais finalement c'est la grêle." Nicolas Tricoire, viticulteur à Saint-Brice en Charente, y perd son latin. Comme beaucoup de ses collègues, il a assisté, impuissant, aux orages qui ont frappé la région il y a 48 heures. Pour lui, il y a eu de la grêle et beaucoup de pluie.

Il est tombé 80 millimètres d'eau en moins de 20 minutes, je n'ai jamais vu ça.

Nicolas Tricoire, viticulteur à Saint-Brice

Il possède et exploite 45 hectares de vignes et estime ses pertes à 50% avec des disparités. 20% sur certaines parcelles, 80% de dégâts sur d'autres. Comme il n'a pas eu d'autre catastrophe cette année, il devrait pouvoir faire jouer son assurance. Mais pour beaucoup de ses collègues, ce ne sera pas possible. "On a des assurances qui fonctionnent bien mais quand les sinistres se multiplient, soit elles augmentent considérablement les primes, soit elles refusent de nous assurer", déplore-t-il. Et comme les catastrophes ont tendance à se répéter avec le dérèglement climatique, du gel tardif en avril, de la grêle en juin, des canicules l'été, les assurances ne veulent plus s'engager.

"Le gel de 2017 a coûté 30 millions d'euros aux assurances. Maintenant, elles abandonnent certains secteurs trop à risques." explique-t-il.

 

Et même avec des systèmes anti grêle, ça ne change rien pour certains. "Du côté de l'estuaire, ils ont eu des grêlons comme des balles de tennis, qu'est-ce que vous voulez faire?" Nicolas Grégoire n'a pas les réponses à ces questions.

Le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC) n'a pas encore établi un bilan chiffré de cet épisode de grêle. Cela devrait être fait la semaine prochaine. Mais le BNIC parle de plusieurs milliers d'hectares, principalement de l'estuaire de la Gironde jusqu'à Cognac. Christophe Véral, le président du BNIC, assure que ses services sont mobilisés "pour identifier et accompagner les viticulteurs impactés, dans un esprit de solidarité entre les familles de la viticulture et du négoce. L’écoute et l’accompagnement des pouvoirs publics seront importants pour leur permettre de se relever au plus vite ».

La production de cognac risque d'être en baisse cette année, pourtant " la saison s'annonçait très belle", regrette Nicolas Grégoire avec un peu d'amertume.  

Reportage de Bruno Pillet et Christophe Guinot