Grippe aviaire. Le gouvernement réduit le nombre de volailles dans les Deux-Sèvres

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Écrit par Camille Bigot, Jean Poustis, Stéphane Bourin

À la suite d'une aggravation de la situation sanitaire dans le département, le gouvernement ordonne une "dédensification" du nombre de volailles sur le territoire, via des abattages préventifs et l'interdiction de réinsérer ensuite des animaux dans les élevages.

Sur la France entière, 91 foyers de grippe aviaire ont été détectés au 1er décembre, dont 37 en Vendée et dans les Deux-Sèvres. Au vu de l'"aggravation de la situation", le ministère de l’Agriculture a annoncé le renforcement des mesures destinées à endiguer l'épidémie dans les élevages, vendredi 2 décembre. En cause, une période de migration à son pic et une densité très importante d'animaux dans les bâtiments pour répondre aux besoins des fêtes de Noël.

Il s’agit pour le gouvernement de réduire les risques de saturation d’abattage en cas de flambée de l’épidémie : les établissements se verraient submerger par un nombre conséquent d'animaux à éliminer. Les mesures concernent les zones à risque de diffusion (ZRD) et varient en fonction des espèces et de la distance au foyer de contamination. De zéro à un kilomètre du foyer, les volailles, toutes espèces confondues, seront abattues systématiquement à partir de lundi 5 décembre.  

Interdiction de réinsérer des volailles

Dans les 10 km, les canards et les dindes, qui sont les plus sensibles au virus, seront envoyés de manière préventive à l’abattoir pour être consommés ensuite, sans être remplacés dans les exploitations. Les éleveurs de poulets et de poules pondeuses pourront aller au bout de leur cycle, mais ne pourront pas réinsérer de volailles au sein de leurs bâtiments. L’objectif du gouvernement est de dédensifier les élevages pour éviter un sursaut de la maladie. 

Alexis Ballairgeau est directement concerné par ces mesures. Cet éleveur de Secondigny et président de la filière agricole FDSEA du département des Deux-Sèvres, se trouve depuis début novembre dans la zone de surveillance instaurée après la découverte d’un foyer dans la commune de Largeasse. Depuis, il a l’interdiction de réintroduire des animaux dans ses hangars, vides de poulets depuis un mois et de dindes depuis la semaine dernière. 

On est bloqué tant que la zone n’est pas levée. Comme tout le monde, si vous ne produisez rien, il n’y a pas de rentrée d’argent.

Alexis Baillargeau, président de la filière agricole FDSEA des Deux-Sèvres

Il se désole : les éleveurs venaient tout juste de se remettre de la vague épidémique de mars 2022. "On a été arrêtés quatre mois. Là, on avait refait un ou deux lots de poulets et on est de nouveau stoppés." Même regret chez Hélène Bailly, éleveuse de poulets en plein air et membre de la Confédération paysanne. Selon elle, ces mesures arrivent trop tard : l’État aurait dû davantage réguler la réintroduction d’animaux dans les bâtiments durant l’été. 

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Hélène Bailly, éleveuse et membre de la confédération, paysanne regrette une densité trop importante de volailles sur le territoire. ©Bourin Stéphane - France Télévisions

Abattages préventifs 

Pour Alexis Baillargeau, l’abattage préventif permet tout de même de limiter la casse. Dans un rayon de 1 à 10 km, les canards et les dindes, qui atteignent un poids permettant leur commercialisation, seront abattus à destination de la vente puis la consommation, et ceux qui sont encore trop petits seront éliminés.

Dans les 20 km, l’abattage préventif est aussi recommandé. Les abattoirs doivent donc rapidement repenser leur organisation. "Ce genre d’établissement est capable d’abattre un certain nombre d’animaux par jour, pas plus", explique le président de la filière agricole FDSEA du département. Ils ont des emplois du temps pensés à l’avance et ces mesures bousculent leur agenda, au détriment d’éleveurs prévus depuis longtemps. 

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Alexis Baillargeau, président de la filière agricole FDSEA des Deux-Sèvres. ©Bourin Stéphane - France Télévisions

Hélène Bailly s'oppose, elle, à cet abattage préventif, qu'elle trouve injuste. Elle estime que le virus se développe beaucoup plus facilement au sein d’élevages contenant de très nombreux animaux, ces derniers étant plus fragiles. Dans son exploitation, les poulets grandissent en plein air et sont moins vulnérables à la grippe aviaire. De plus, ils naissent et se développent sur un même élevage, limitant ainsi les transports et la possibilité de transmettre le virus. Elle voit donc dans cette directive "un échec de la politique sanitaire" du ministère. 

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