Des animaux bien élevés, un documentaire tourné dans les Deux-Sèvres

Publié le

Rémy Laugier a la chance de cumuler deux métiers passionnants : réalisateur de documentaires animaliers et éleveur de vaches bio en plein air. Au décès de ses parents, il a repris la ferme familiale avec sa sœur et son frère. Autant dire qu'il sait de quoi il parle lorsqu'il est question d'écologie, de préservation de l'environnement et d'agriculture.

Façonné par l'élevage extensif, le bocage des Deux-Sèvres est d'une richesse considérable : plantes, insectes, oiseaux et mammifères profitent des nombreuses haies, prairies, mares et zones humides qu’offre cet écosystème. 

Malheureusement, aujourd’hui l’élevage a mauvaise presse et de plus en plus de
haies sont arrachées au profit des grandes monocultures céréalières complètement
vides de toute vie animale. 

Élever des vaches pollue énormément. Pour faire un kilo de viande, il faut 10.000 litres d’eau ; le bilan carbone de l’élevage est désastreux. Au-delà de la simple exposition des chiffres, la réalité est évidemment
bien plus complexe.

À travers les témoignages des agriculteurs et des naturalistes, je veux montrer qu’un autre modèle est possible.

Rémy Laugier

Dans l'exploitation familiale, les bovins sont toute l’année dehors et se nourrissent d’herbe du printemps à l’automne, et de foin l’hiver. Rémy Laugier a creusé des
mares qui abritent grenouilles, tritons, libellules et tout un tas d’autres espèces. Les
prairies sont délimitées par de nombreuses haies où les passereaux trouvent nourriture et refuge, et enfin les prairies permanentes permettent le maintien d’une flore riche et variée. 

Manger de la viande issue de cette exploitation est tout à fait bénéfique pour l’environnement. Ce n’est donc pas l’élevage le problème, mais bien l’élevage INTENSIF.

En fait, si l’on ne consomme que des légumes bio, cela ne garantit pas forcément que c’est écologiquement responsable.

En effet, contrairement à l’élevage, les grandes cultures, qu’elles soient bio ou non,
sont des déserts de biodiversité. Souvent, on a arraché toutes les haies, comblé les mares, drainé les ruisseaux… Opposer élevage et culture, végan et omnivore n’est pas pertinent en terme de consommation écologiquement responsable. Il faut surtout opposer l’élevage et les cultures intensives (bio ou non) avec l’élevage et les cultures extensives en polyculture/élevage qui préservent la biodiversité et les paysages.

Partout en France, des agriculteurs s'organisent pour mettre en place des pratiques plus respectueuses de l'environnement. C'est aussi le cas dans les Deux-Sèvres avec la création du label : "Culture et Papille" qui permettra de regrouper le plus de fermes possibles.

Changement climatique et agriculture, les enjeux de demain

Les épisodes climatiques extrêmes sont aujourd’hui malheureusement de plus en plus fréquents. Grâce aux haies et aux arbres, le modèle extensif se défend nettement mieux que le modèle intensif. Les arbres ramènent de la fraîcheur sur les parcelles, font remonter l’eau par capillarité et les haies retiennent la terre en cas d’inondation et de fortes pluies. Le ruissellement creuse les champs et amène des tonnes de boues dans les rivières. C’est un désastre écologique.

Autre aspect des choses, en modèle extensif, l’agriculteur est moins pris à la gorge par le rendement. Le modèle extensif est bien plus flexible pour supporter les effet du changement climatique.

Interdire l’arrachage de haies, interdire la taille des haies au printemps, contrôler plus durement l’épandage de fumier dans les champs… L’État a le pouvoir de tout changer très vite grâce à la PAC. Les agriculteurs s’y retrouveront, les consommateurs s’y retrouveront et l’environnement sera assaini.

DES ANIMAUX BIEN ELEVES

Documentaire de 52"
Coproduction : France télévisions /Parce que ! Prod
Producteur : Norbert Liard
Auteur-réalisateur : Rémy Laugier

Diffusion : Jeudi 24 Février 2022 à 23.05
Sur France 3 Nouvelle-Aquitaine