Manifestations anti-bassines : au lendemain du procès à La Rochelle, quatre militants condamnés et un relaxé à Niort ce vendredi

Alors qu'hier, des peines de prison avec sursis ont été requises à l'encontre de deux militants accusés d'avoir dégradé la réserve d'eau de Cram-Chaban en novembre 2021, un nouveau procès s'est tenu cette fois à Niort. Cinq anti-bassines étaient à la barre.

Des peines de 2 mois de sursis simple à 6 mois avec sursis probatoire. Des interdictions diverses de territoire. Deux amendes pour refus de prise de signalétique ou d'ADN. Une relaxe. Ce sont les peines prononcées par le tribunal de Niort à l'encontre des cinq militants anti-bassines jugés ce vendredi. 

Ces cinq hommes étaient mis en cause pour leur participation à la manifestation survenue le 22 septembre 2021 à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres).

Ce jour-là, en plein congrès de la FNSEA à Niort, le chantier de cette méga réserve d'eau pour l'irrigation, alors en construction, avait été envahi par des manifestants. Une bâche de protection et une pelleteuse avaient été endommagées. Des gendarmes avaient également reçu des projectiles à la tête.

C'est pour ces faits de violences et de dégradations que les cinq prévenus comparaissent. L'audience a débuté vers 13h30 et la cour vient de se retirer pour délibérer.

La salle du tribunal judiciaire de Niort était trop petite pour accueillir les quelque deux cents personnes du comité de soutien. La plupart d'entre elles, encadrées par un imposant dispositif de forces de l'ordre, sont restées devant le bâtiment. Des bottes de pailles et des banderoles ont été installées pour organiser des prises de paroles et des tables rondes.

Virage "fascisant"

La députée de la Vienne Lisa Belluco était présente sur place aux côtés de Nicolas Girod de la Confédération Paysanne et de Julien Le Guet. Pour le fer de lance du mouvement "Bassines Non Merci !", cette mobilisation vise à "montrer que la stratégie du gouvernement qui cherche à isoler les citoyens et à en faire des boucs émissaires ne fonctionnera pas.(...) Au contraire, cela nous donne de la force."

Qualifiant le procès du jour de "politique", il a fustigé la dérive autoritaire du gouvernement. "L'inquiétude aujourd'hui, c'est de savoir si la justice va résister à ce gouvernement qui prend un virage très inquiétant, très autoritaire, et même -concernant M. Darmanin, très fascisant." Le ministre de l'Intérieur avait qualifié les opposants aux réserves d'eau, "d'éco-terroristes". 

Ce procès au tribunal de Niort intervient au lendemain d'un autre procès qui s'est tenu à La Rochelle. Deux hommes comparaissaient pour des dégradations commises sur la réserve de Cram-Chaban (Charente-Maritime) le 6 novembre 2021. Le procureur de la République a requis à leur encontre des peines de cinq et six mois de prison avec sursis. Le jugement a été mis en délibéré au 2 mars.

Le 25 mars, une nouvelle manifestation d'ampleur est annoncée par les anti-bassines qui promettent une mobilisation inédite. Le 29 octobre dernier, des milliers de personnes s'étaient rassemblées sur le chantier de Sainte-Soline. Jugés en novembre dernier, quatre manifestants ont été condamnés à deux et trois mois de prison pour des dégradations.