Mutilation de chevaux : une jument tuée en Dordogne, la gendarmerie enquête

Publié le Mis à jour le
Écrit par Pascal Faiseaux .

À l'automne 2020, une vague de mutilation de chevaux mettait en émoi les propriétaires à travers la France. Un nouveau cas suspect, une jument retrouvée morte et mutilée, vient d'être découvert le 17 septembre dernier sur la commune de Journiac. Son propriétaire ne s'explique pas les faits.

Yves Laval est encore sous le choc. Depuis 20 ans qu'il élève des chevaux, l'agriculteur retraité n'avait jamais vu ça. Au petit matin, samedi dernier, ses voisins ont découvert sa jument Flicka morte et mutilée, sur la route qui longe son enclos. Une jeune jument de 7 ans, pleine de quelques mois, qui était parquée là avec ses deux autres poulains et le mâle. 

Situation inexplicable

L'animal gisait sur la route à 3m en contrebas, mutilée, une oreille et une partie de la peau arrachée jusqu'au museau et les parties génitales mutilées. Inexplicablement aucune autre trace, pas de sang sur la route et la clôture n'avait pas été abîmée, à l'exception d'un seul fil du bas rompu.

Je suis passé vers minuit, tout allait bien. Les voisins l'ont retrouvée comme ça à 6h. J'ai trouvé ça étonnant. J'ai pensé à tout, à des chevreuils, à des chiens errants, des sangliers, mais ça ne ressemblait pas à ça. Si elle s'était enfuie, tout le monde aurait suivi. Et elle n'était pas blessée ailleurs, il n'y avait pas de traces, pas de morsures. Ça aurait dû saigner. Elle était sur la route comme si on l'avait posée là. Les autres sont toujours effrayés, j'ai préféré les mettre dans un autre champ, en attendant.

Yves Laval, le propriétaire

L'inquiétude du voisinage

Un drame d'autant plus étonnant que l'enclos est à portée de vue de la maison. Les voisins, eux-mêmes propriétaires d'ânes et de chevaux, inquiets, ont encouragé le propriétaire à porter plainte. Ce qu'il a fait dès le lundi suivant à la gendarmerie du Bugue. Cette dernière a ouvert une enquête.

Risque de psychose

Sans tirer de conclusion hâtive, la possibilité d'un acte malveillant n'est pas écartée et risque de rallumer la psychose de l'automne 2020 chez les propriétaires équins. À l'époque, des dizaines de mutilations et parfois d'abattages de chevaux ou d'ânes à travers tout le pays avaient paniqué les éleveurs. Plus d'une centaine d'enquêtes avaient été ouvertes sur tout le territoire. Le Ministère de l'Agriculture avait même mis en place un centre d'appel à Pompadour (Corrèze) pour venir en aide aux victimes. Le numéro vert mis en place par le Ministère de l'Agriculture en 2020 est désormais remplacé par un contact à l' ifce - Institut français du cheval et de l'équitation au 0809 10 01 01)

Chevaux mutilés, en Dordogne aussi

Cette vague d'agressions n'avait pas épargné la Dordogne. Quatre cas touchant trois chevaux et deux vaches avaient fait l'objet d'enquêtes de la part de la gendarmerie entre octobre 2020 et juillet 2021. Sans donner de résultats suffisamment probants pour rassurer les propriétaires. 

Ces actes irrationnels et barbares n'ont pas trouvé de conclusion définitive. Ils semblent avoir été commis par des auteurs, dans des lieux et selon des méthodes assez divers. Même s'ils sont moins exposés, ces actes criminels n'ont jamais vraiment cessé. En attendant, rien ne prouve pour l'instant qu'il s'agisse d'un acte criminel à Journiac, mais les propriétaires comme la gendarmerie restent vigilants.

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