Dénigrement agricole : ras-le-bol en Périgord

Les agriculteurs manifestaient ce 8 octobre devant la préfecture de Dordogne / © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï & Pascal Tinon
Les agriculteurs manifestaient ce 8 octobre devant la préfecture de Dordogne / © France 3 Périgords - Philippe Niccolaï & Pascal Tinon

Les agriculteurs de Dordogne manifestaient aujourd'hui. Florent a 27 ans. Il travaille 60 heures par semaine pour moins de 1 000 €uros par mois. Avec en prime le manque de reconnaissance de l'État et les critiques du public... Dur, dur, l'agriculture...

Par Pascal Faiseaux

Manifestation d'agriculteurs devant la préfecture de Dordogne
Comme dans d'autres départements, les agriculteurs de Dordogne manifestaient aujourd'hui devant la préfecture. A l'issue d'une réunion avec le Préfet, ils ont obtenu le principe d'une charte réunissant les acteurs et consommateurs du département. - France 3 Périgords - Philippe Niccolaï & Pascal Tinon


C'est le grand ras-le-bol agricole. Poussés à bout financièrement, lâchés par le gouvernement et de plus en plus accusés des pires pratiques par le grand public, les agriculteurs craquent. une situation compliquée en Dordogne par la baisse possible du budget de la Chambre d'Agriculture liée à celle de la taxe sur le foncier non-bâti.

Pour la première année en France, on importe plus qu'on exporte. C'est à dire qu'on n'est plus capable de nourrir notre population [... ] Pour nous c'est terrible, parce qu'on a toujours été un grand pays agricole.

En Dordogne, l'agriculture, ce sont 3 000 éleveurs, 8 000 agriculteurs et 20 000 emplois salariés directement liés à l'agriculture. Un pan entier de l'économie locale qui commence à être à bout.

Fabien Joffre, Président de la FDSEA Dordogne
" Pour la première année, on importe plus qu'on exporte. C'est terrible parce que la France a toujours été un grand pays agricole..."  - Philippe Niccolaï & Pascal Tinon


Il manifestaient ce mardi devant la préfecture de Dordogne, comme dans beaucoup d'autres départements français. Parmi les préoccupations du moment, les "accrochages" avec les néo-ruraux, avec les limitations de traitements de cultures, les intrusions des associations de défense du bien-être animal dans les exploitations, le manque de vétérinaires... autant de points que les agriculteurs de Dordogne ont soumis au préfet aujourd'hui et sur lesquels ils ont obtenu quelques satisfactions.

L'idée, ce serait d'organiser des réunions publiques avec toute la société civile pour leur expliquer ce que c'est que l'agriculture en Dordogne. Fabien Joffre, Pdt de la FDSEA de Dordogne

Sur ces sujets, les agriculteurs veulent être actifs, en expliquant notamment au public concerné leur mode de fonctionnement. Une charte doit être signée entre la Chambre d'Agriculture, les élus locaux et tous les syndicats agricoles, FDSEA, Jeunes Agriculteurs, Confédération Paysanne, Coordination Rurale, la Fédération des Chasseurs, le Département.

Florent, jeune agriculteur : On fait 60 heures de boulot par semaine, et derrière on n'a pas la reconnaissance des consommateurs, du grand public ou de l'État.... L'agriculture c'est ma passion. Aujourd'hui, si on n'est pas motivé ou passionné, l'agriculture c'est compliqué. 

Le monde agricole longtemps resté "taiseux", même lorsqu'il traversait les pires difficulté, sort désormais de sa réserve. Il condamne la défiance d'un public qui se trompe de cible et tend à mettre tous les agriculteurs dans le même panier. 
Sans passion, on ne peut pas faire ce métier-là
Jeune agriculteur, Florent fait partie de ces professionnels particulièrement sensibles aux critiques à tout-va. A 27 ans, il s'est installé il y a 4 ans à peine à Montagnac-la-Crempse, près de Villamblard. Une affaire familiale depuis 4 générations, 80 vaches laitières Prim'holstein qu'il élève avec amour et qui lui ont permis de se lancer dans la production de yaourts avec son oncle.
L'appareil de massage pour vaches
Dans son élevage de vaches laitières à Montagnac-la-Crempse, Florent a installé cet appareil de massage qui débarrasse les animaux des parasites et leur permet de se relaxer... - France 3 Périgords - Philippe Niccolaï & Pascal Tinon
Pour prendre soin de ses animaux, il a même installé un "appareil de massage".
 
Florent souffre des critiques systématiques sur son travail
Jeune agriculteur à peine installé, Florent gagne moins de 1000 euros mensuels pour 60 heures de travail par semaine.  - France 3 Périgords - Philippe Niccolaï & Pascal Tinon

Sur le même sujet

Les + Lus