Dordogne : l'effeuillaison du tabac a débuté

C'est une des activités agricoles traditionnelles de la Dordogne. Aujourd'hui en perte de vitesse, la culture du tabac reste pratiquée dans la région par plus de 170 agriculteurs regroupés en filière. Illustration dans le sud-est du département, à Limeuil où la saison de l'effeuillaison a débuté

L'effeuillaison du tabac a commencé en Dordogne
L'effeuillaison du tabac a commencé en Dordogne © France 3 Périgords - Bruno Ardouin & Pascal Tinon
Bien sûr, à l'heure des campagnes de santé publique contre le tabac, le sujet n'est pas politiquement correct. Et il n'est pas inutile de rappeler en préambule la nocivité de la consommation du tabac, quel qu'il soit, due en grande partie à la présence de nicotine qui a une fâcheuse tendance à rendre ses consommateurs dépendants.

La culture du tabac a fait partie de la tradition du sud-ouest pendant des générations. Et faute d'un arrêt total de sa consommation, certains estiment qu'il vaut toujours mieux que le tabac soit produit dans les règles de l'art et localement, qu'industriellement à l'autre bout de la planète. 
 
Près de 1000 tonnes de tabac produites annuellement par la filière Périgord Tabac
Près de 1000 tonnes de tabac produites annuellement par la filière Périgord Tabac © France 3 Périgords - Bruno Ardouin & Pascal Tinon


Aujourd'hui 176 agriculteurs sont regroupés au sein de la filière Périgord Tabac. Ils exploitent 400 hectares de plante à Nicot*. Ils produisent près de 1 000 tonnes par an pour un chiffre d'affaire d'environ 3 800 000 €uros. Le groupement met en avant les avantages de cette culture, rentabilité et garantie des revenus, à condition de jouer la carte du haut-de-gamme. Ce que la filière entend privilégier via notamment la production d'un tabac bio.

Deux variétés de tabac servant à l'élaboration des cigarettes blondes sont produites localement : le Burley, tabac clair est cueilli entier et séché à l’air naturel et le Virginie, tabac blond séché à l’air chaud dans des fours, est préféré pour la finesse de ses tissus, la neutralité et la légèreté de son goût.
 
Cueilli en août, le tabac Burley est mis à sécher pendant deux mois à l'air libre avant d'être effeuillé...
Cueilli en août, le tabac Burley est mis à sécher pendant deux mois à l'air libre avant d'être effeuillé... © France 3 Périgords - Bruno Ardouin & Pascal Tinon


C'est une période importante pour la culture du tabac. Récolté au mois d'août, le tabac Burley a été mis à sécher et aujourd'hui il est prêt pour l'opération suivante. L'effeuillaison consiste à séparer les feuilles de la tige, par étage foliaire. Depuis quelques années certains producteurs se sont modernisés en mécanisant le processus, pour les autres, l'opération  demande toujours de la main d'œuvre

On considère qu'un bon effeuilleur peut s'occuper de 100 pieds à l'heure contre 800 par opération mécanisée avec deux opérateurs et jusqu'à 1 100 pour trois opérateurs...

Encore faut-il que la taille de l'exploitation justifie l'achat d'une machine et que l'on oublie que ces petits métiers peuvent apporter des revenus complémentaires localement. 

Une fois les feuilles séparées de la tige et triées selon leur étage foliaire (plus ou moins haut sur la tige), les cartons de tabac seront expédiés pour être conditionnés en tabac consommable par l'usine France-Tabac de Sarlat.
L'effeuillaison du tabac en Périgord ©France 3 Périgords

* La nicotine présente dans le tabac doit son nom à Jean Nicot, considéré comme l'introducteur du tabac en France même si, lorsque Jean Nicot naît en 1530, le tabac est déjà connu en Europe depuis une quarantaine d'années.
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