"Faut pas charger la barque" : la hausse du prix de l'eau suscite la colère des agriculteurs

La gronde des agriculteurs des derniers mois ne devrait pas retomber. Dernier épisode en date qui suscite leur colère : la hausse de la redevance irrigation. Un rassemblement est prévu ce jeudi devant le Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine.

Samuel Allix utilise trois cent mille mètres cubes d’eau chaque année, pour irriguer ses cultures de pommes de terre. Un prélèvement pour lequel il doit s’acquitter d’une taxe obligatoire, qui varie en fonction des territoires :  "ils nous augmentent de 150 % la redevance sur une exploitation, c'est à peu près 11 000 € en plus," tonne l'exploitant. 

"Faut pas charger la barque"

L'eau, une ressource qui devrait bientôt coûter plus cher aux agriculteurs du bassin Adour-Garonne. Face à l'annonce de cette hausse de la redevance, ils se mobilisent pour faire entendre leur mécontentement ce jeudi 04 avril à 14 heures, devant le Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine. 

Pour Samuel Allix, cela représente près de 34 euros de plus par hectare. Comme nombre de ses confrères de la filière agricole, il conteste cette hausse et demande à"revenir sur cette augmentation et de l’annuler". "Il ne s’agit pas de faire de la demi-mesure, de repousser. Faut pas charger la barque encore plus." 

Nos problèmes ne vont pas disparaître demain, on a une perte de compétitivité manifeste, notamment dans la région, puisqu'on est très dépendants de l'irrigation.

Samuel Allix

Agriculteur

Des investissements nécessaires face au réchauffement climatique 

L’Agence de l’Eau, quant à elle, justifie l’augmentation de la taxe et précise qu’elle doit bénéficier aux exploitants. "On est face à un changement climatique qui est tel que, si on veut effectivement avoir un temps d'avance, il faut investir et il faut investir massivement.  On a déjà du retard sur le sud-ouest", souligne son directeur général Guillaume Choisy.  

Une augmentation des investissements de l'ordre de 100 millions d'euros votée, toujours selon le directeur, à l'unanimité, "pour pouvoir permettre au bassin d’avoir une anticipation sur le changement climatique et pas le subir." Ces investissements permettront, selon ce dernier, une optimisation des retenues et la création de réserves. 

L'agriculture est " l’un des secteurs les plus concernés par l’adaptation au changement climatique", rappelle-t-il, d'où la nécessité de "mettre tout le monde à contribution".  

Une contribution que Guillaume Choisy qualifie de symbolique. "Ça représente 3 % à 7 % de la marge brute de l’exploitation au maximum", insiste-t-il. De plus, et toujours selon le comité, ces investissements seront en grande partie couverts par les aides versées aux agriculteurs : " Demain, l'aide qui leur sera versée représentera 90 millions d'euros d'aides. Aujourd'hui, elle est plutôt de l'ordre de 50 millions.  Donc, on va mettre 40 millions supplémentaires pour l’adaptation de l’agriculture au changement climatique", précise-t-il.

Sur le bassin Adour-Garonne 509 exploitations seront concernées par cette mesure en 2025.