"On est à moins 50 % sur les ventes." Les ostréiculteurs du Bassin d'Arcachon retrouvent difficilement la confiance des consommateurs

Deux mois après la levée de l'interdiction de la vente des huitres du Bassin d'Arcachon à cause d'un norovirus, les consommateurs ne sont pas pour autant totalement de retour. La situation des ostréiculteurs se complique, leur trésorerie et leur vente baissent. Tous espèrent le retour des beaux jours pour relancer leur activité.

Ce dimanche à Pessac en Gironde, c'est jour de marché pour Marc Sicard. L'ostréiculteur vend ses huitres du bassin d'Arcachon. Deux mois après la levée de l'interdiction de ventes à cause du norovirus, il rencontre des difficultés à vendre son stock ici. "C'est en train de reprendre petit à petit. Les gens sont assez réticents, mais on essaye de les ramener, de leur dire que si on est là, c'est que nos huîtres sont bonnes".

Pour lui, les marchés représentent une part importante de son activité. "On est à moins 40, voir moins 50 % par marché. Entre la tempête d'octobre, l'interdiction jusqu'à mi janvier, et là, les clients qui hésitent, ça commence à faire beaucoup".

Pourtant, l'ostréiculteur n'entend pas baisser les bras. "On avait un peu de trésorerie, donc on arrive à compenser, mais c'est vrai que ça peut devenir compliqué", reconnaît Marc Sicard. 

"On en a toujours mangé et on en mangera toujours"

Sur le marché de Pessac, les consommateurs, que nous avons pu rencontrer, sont unanimes. "Il faut manger local, soutenir nos ostréiculteurs", admet un client, appuyé par une cliente quelques minutes plus tard. "On en a toujours mangé et on en mangera toujours". Des belles paroles qui ne sont pour le moment pas forcément suivies de faits. La prudence est de rigueur chez nombre d'entre eux. Certains attendent notamment les beaux jours pour se précipiter à nouveau sur les huîtres de Marc Sicard. 

D'autres ont migré vers d'autres étals, notamment celle de Valérie Grasset. L'ostréicultrice vend des huitres de Marennes Oléron. Et depuis l'interdiction des huîtres du Bassin et même depuis leur retour sur les marchés, son chiffre d'affaires a augmenté. 

On a récupéré des clients avec l'épisode. Nous, on les vend nos huîtres.

Valérie Grasset.

Vendeuse d'huîtres de Marennes Oléron

Même constat dans les cabanes à huîtres

Dans sa cabane à huîtres à Gujan-Mestras, Nicolas Courbin fait le même constat que Marc Sicard sur le marché. Ses tables se remplissent à nouveau avec le beau temps de ces dernières semaines. Malgré cela, les ventes ne décollent pas. "C'est compliqué. On est à moins 50 % de ventes sur la dégustation. Les gens ont peur de se retrouver malades, ils se méfient".

Ils sont nombreux, les ostréiculteurs, comme Nicolas Courbin à subir un début d'année compliqué, à cause notamment du norovirus. "Il faut que ça aille mieux pour que ça s'améliore financièrement. Heureusement, la banque nous suit". Désormais, c'est le soutien des consommateurs qu'attendent les ostréiculteurs. Les prochains mois s'annoncent en tout cas cruciaux pour ces professionnels du bassin d'Arcachon.

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