Renouvellement des Canadair, reforestation, moyens supplémentaires pour les pompiers... Ce qu'a annoncé Emmanuel Macron pour mieux lutter contre les incendies

Publié le
Écrit par Marine Cardot avec Maïté Koda

Pour mieux prévenir et arrêter les feux de forêts, la flotte de Canadair sera entièrement renouvelée et passera de 12 à 16, une cartographie des zones à risques sera développée, et un milliard d'arbres seront replantés d'ici 10 ans, a annoncé le Président de la République ce vendredi à l'Elysée.

Plus de Canadair, plus d'arbres et une meilleure anticipation. La France doit adopter une "stratégie nouvelle" de lutte et de prévention contre les incendies après les feux de forêt gigantesques qui ont

marqué l'été, a déclaré Emmanuel Macron  ce vendredi 28 octobre. 

Rappelant que durant l'été, 72.000 hectares ont été incendiés, "soit six fois plus que la moyenne des dix dernières années", et ce presque dans un département sur deux, il a dévoilé un plan qui prévoit notamment un renforcement des moyens des départements et des moyens aériens. 

Une enveloppe supplémentaire de 150 millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (Sdis) en 2023, a été annoncée par le chef de l'Etat, pour financer de nouveaux moyens humains et matériels. Actuellement, le budget annuel de la sécurité civile est de 629 millions d'euros.

De douze à seize Canadair

"Les moyens matériels doivent être renforcés", a assuré Emmanuel Macron devant les acteurs de la sécurité civile mobilisés contre les feux de forêts l'été dernier, notamment en Gironde. Pour cela, le président a annoncé le renouvellement et l'extension de la flotte de Canadair d'ici la fin du quinquennat : "Nous en avons 12, nous allons investir massivement pour qu'ils soient remplacés et que leur nombre soit porté jusqu'à 16", a-t-il promis.

Le chef de l'État entend également "diversifier nos moyens", notamment avec le renfort d'hélicoptères lourds. La France devrait en louer dix, contre deux en début de saison 2022, et en acquérir deux durablement, selon Emmanuel Macron. 

Aux moyens matériels s'ajoutent aussi les moyens humains. Pendant l'été, jusqu'à 10.000 sapeurs-pompiers par jour ont été mobilisés par les incendies ayant ravagé près de 72.000 hectares de forêt, de la Gironde au Jura en passant par le Finistère et le Maine-et-Loire. Le chef de l'État a notamment promis "une revalorisation du barème de rémunération". Il a également évoqué un "plan de soutien au volontariat" dans les Sdis pour "allonger la durée pendant laquelle les entreprises pourront libérer leur sapeur-pompier volontaire", en indemnisant "mieux les entreprises citoyennes"

Réparer la forêt

En amont de la lutte contre le feu, le chef de l'État souhaite développer une cartographie précise des risques, pour mieux prévenir les incendies. Une "météo de la forêt" pourra servir à  "informer sur les risques et les départs de feu", a-t-il ajouté. 

Enfin, le président de la République a promis "la plantation d'un milliard d'arbres" sur le territoire français "d'ici dix ans", soit "10% de notre forêt", pour compenser notamment les incendies mais aussi dans le but de fixer le carbone et de préserver la biodiversité. "C'est faisable", a estimé le chef de l'État en évoquant "un formidable chantier écologique et d'aménagement de notre territoire". Il a indiqué que serait mis en place "un dispositif de financement public" pour arriver à cette fin, souhaitant en parallèle "un financement privé" et "une large mobilisation".

  

Des avancées saluées par Jean Luc-Gleyze

Ces annonces arrivent en réponse aux demandes formulées par le président du département de la Gironde, Jean-Luc Gleyze et son homologue de Saône-et-Loire. Ils avaient mené un retour d'expérience, la "mission flash" dans les zones sinistrées durant l'été par les incendies, pour faire remonter les besoins des pompiers. 

Le président du Conseil départemental de la Gironde salue des "avancées" dans les annonces d'Emmanuel Macron. "Un certain nombre de points que nous avions évoqués sont repris, note-t-il, notamment sur la question de préalerte météo sur le risque sévère d'incendie". Autre motif de satisfaction : l'augmentation des moyens aériens, avec en plus de l'extension de la flotte des Canadair, la location de dix hélicoptères bombardiers d'eau et l'achat de deux autres, dès l'été 2023.

Reste que leur positionnement sur une base du sud-ouest n'est pas encore acté. "Le protocole Hephaïstos, mis en œuvre chaque été dans le sud-est et qui assure la fourniture d'hélicoptères de transport ou de moyens de terrassement, pourra être élargi de façon permanente au moins dans la zone sud ouest dans un premier temps", a annoncé ce vendredi le président de la République.  "On peut imaginer que quand le risque sera qualifié suffisamment tôt, les moyens aériens seront prépositionnés", réagit Jean-Luc Gleyze. 

Les moyens en question

En revanche, l'élu girondin se montre plus circonspect sur le montant de 150 millions d'euros alloué à l'ensemble des pompiers de la Gironde. "Quand on le divise par 101 départements, ça fait un peu plus d'un million par département. C'est toujours bon à prendre, mais on sait qu'un seul camion pompier coûte entre 250 000 et 400 000 euros", rappelle celui est également président du conseil d'administration du Sdis 33. A l'occasion du congrès national des sapeurs-pompiers, le président des Sdis de France avait lui réclamé 1 milliard d'euros. 



Autre sujet qui n'a pas été évoqué par Emmanuel Macron : la répartition des moyens entre les collectivités et l'Etat. D'autant que pour les communes touchées, les travaux d'abattage des arbres calcinés et le trafic des camions lourdement chargés détériorent la voirie". "Nous avions relayé à plusieurs reprises une demande d'un fonds de solidarité pour aider les communes et les départements en difficulté, mais cela n'a pas été évoqué", regrette Jean-Luc Gleyze. Les frais de réparation des camions pompiers endommagés sur le front des incendies cet été demeurent, eux aussi, à la charge du département. "Il reste une marge de manœuvre pour avoir une réponde à la hauteur", conclut le président du département.

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