Législatives 2022. Débat autour des propositions des principaux partis en Aquitaine

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J-24 avant le premier tour des élections législatives. L'Aquitaine, avec 24 députés LREM sur 28, va-t-elle conserver autant de sièges à la majorité présidentielle ? Quelles sont les enjeux et stratégies politiques des principaux partis en lice ? Les représentants RN, LFI, NUPES, Reconquête !, LR en débattent.

Ils ou elle représentent leur parti en Aquitaine et ils apportent leur vision des enjeux politiques et l'actualité. Ils répondent aux questions de Marie Rouarch de France Bleu Gironde et Franck Omer de France 3 Aquitaine. Et pour commencer la nomination d'Elisabeth Borne à Matignon.

Vous pouvez découvrir ce débat en intégralité ICI

Une femme de poigne à Matignon

Femme de droite pour les uns, de gauche pour les autres, continuité affichée de la politique présidentielle pour tous les représentants politiques. 

Edwige Diaz, candidate RN dans la 11e circonscription de la Gironde, également porte-parole Marine Le Pen, estime que les Français ont beaucoup à craindre. 

Madame Borne est une très bonne exécutante de la politique d'Emmanuel Macron.

Edwige Diaz - Rassemblement National -

"Je pense que les Français ont du soucis à se faire. Je pense que la retraite à 65 ans va véritablement s'appliquée et ce sera très dur pour les français qui ont aussi à craindre pour leur pouvoir d'achat."

Loïc Prud'homme parle au nom de NUPES. Député LFI de la 3e circonscription de Gironde, il n'y voit qu'une continuité de la politique menée depuis 5 ans.

Elle a savonné la planche qui nous a fait glisser, et abandonner toutes les conquêtes sociales et écologiques depuis 5 ans.

Loïc Prud'homme - député LFI de Gironde -

" Elle continue ce travail et elle va continuer si on la laisse faire à dévaler en bas de la pente écologique et sociale."

Il est sur ce plateau au nom de la majorité présidentielle. Florent Boudié, député LREM de la 10e circonscription de la Gironde, candidat à sa succession et ancien PS. Il soutient cette femme et son parcours ministériel.

Elisabeth Borne a une sensibilité sociale, l'expérience, la capacité de sang froid.

Florent Boudié - Député LREM de Gironde -

"Et il me semble que dans la situation qui est la nôtre, les mois, les semaines, les mois qui viennent, Il me semble que ce sont plutôt des atouts."

Et c'est là que les divergences sur la sensibilité politique d'Elisabeth Borne divergent. Pour la droite et les LR, la patron de la fédération girondine, élu de Pessac, Benoît Rautureau n'est pas surpris.

C'est un faux suspens, une femme de gauche avant tout, c'est un retour aux sources d'Emmanuelle Macron.

Benoit Rautureau - Les Républicains

Dany Bonnet, nouvel engagé en politique pour le parti d'Eric Zemmour, lui-même candidat Reconquête !, n'est pas sûr qu'elle reste cinq ans à Matignon. " Elisabeth Borne, ce que j'en retiens, c'est surtout sa déclaration suivie d'effets sur la non possibilité pour les aides soignants non vaccinés de toucher les allocations chômage ce qui était déjà pour moi une preuve d'irresponsabilité compte tenu la situation sanitaire dans notre pays."

Un manque d'humanité ou du moins d'empathie vis à vis de ces aides-soignants qui étaient face au Covid pendant plusieurs années.

Dany Bonnet - Reconquête ! -

Les lignes de fracture sur l'écologie

Pour ou contre la sortie du nucléaire ? Eoliennes ou pas, en mer aussi ? Coup  d'accélérateur aux installations photovoltaïques, comme c'est le cas en Gironde ou dans le Lot-et-Garonne ? Les engagements des partis sont parfois radicalement opposés, parfois prônent le mix.

Loïc Prud'homme soutient le programme de gouvernement de la nouvelle union populaire, qui sera connu dans quelques heures, et qui choisit la sortie du nucléaire.

La sortie du nucléaire (...) d'ici 2040 avec une bifurcation nécessaire.

Loïc Prud'homme - député LFI de Gironde -

Il poursuit, notamment avec l'exemple girondin :  "la fermeture cadencée des réacteurs, celle de Blaye, trois réacteurs, on les ferme les uns après les autres." 

Vive réaction d'Edwige Diaz, qui se présente dans la 11e circonscription pour le RN interpelle le candidat NUPES pour la sortie du nucléaire. "Je pense que votre collègue ne va pas vous remercier de la peau de banane que vous venez de lui envoyer." 

Si vous voulez, dans le Blayais, on n'a pas du tout envie que la centrale ferme. Lui c'était plutôt prononcer.. pas trop de fermetures.

Edwige Diaz - Rassemblement national -

Dany Bonnet de Reconquête ! et son parti reconquête ! envisagent plutôt de construire des centrales. 

Le nucléaire, c'est quand même un joyau national.

Dany Bonnet - Reconquête ! -

"Je comprends pas comment on peut être le candidat du pouvoir d'achat et en même temps vouloir faire augmenter la facture électrique de nos concitoyens"

Benoit Rautureau pour les Républicains entend distinguer la position de son mouvement par rapport aux précédents. 

" La priorité mixte énergétique : l'augmentation des nouveaux modes d'énergie et renforcer notre arsenal de centrales nucléaires.

Benoit Rautureau - Les Républicains

Eoliennes, énergie solaire, oui, mais ça dépend où, en résumé.

Florent Boudié, pour la majorité présidentielle, s'interroge. "LR, je n'ai pas tout compris à votre position".

n résumé, il évoque une ligne proche.

Nous ne pouvons pas renoncer au nucléaire civile, ce n'est pas possible. Et nécessité d'aller sur les énergies renouvelables.

Florent Boudié - LREM -

Un échange nourri sur le sujet, remarque l'observateur du débat, le politologue présent Jean Petaux. " à l'image de ce que risque d'être la vie politique française dans les cinq prochaines années. " (...) " feux croisés des oppositions dans la future assemblée nationale", 

avec un bloc de gauche et un bloc de droite national pour composer l'Assemblée Nationale.

Ecoutez son analyse sur ce qui peut préfigurer la tonalité de ces débats animés >