Législatives 2022. Percée du Rassemblement National, Nupes s'installe et la majorité présidentielle perd du terrain en Aquitaine

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A l'image du pays, la Gironde, les Landes, la Dordogne, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques offrent un tout nouveau panel de députés. L'arrivée de cinq députés Rassemblement National pour représenter ces départements est historique. L'alliance NUPES fait perdre des sièges à la majorité présidentielle.

L'Aquitaine affiche un nouveau visage, à l'image de la France. La colère du monde rural a trouvé ses porte-étendards en élisant cinq députés du Rassemblement National. A travers leur terre d'élection, on retrouve les territoires où le pouvoir d'achat est une préoccupation majeure. Où mettre de l'essence dans sa voiture représente un coût financier important par rapport aux revenus. Où les services publics ont quitté petit à petit les lieux et où la colère des Gilets Jaunes a été très présente en 2018.

Blayais et Nord Gironde, Médoc, Bergeracois, Marmandais, Villeneuvois, tous ces territoires ont choisi les représentants de Marine Le Pen. Des secteurs où le parti a petit à petit labouré le terrain, élections après élection. Et où Marine Le Pen a marqué le scrutin lors de la dernière présidentielle, comme une prédiction de ce qui allait se passer six semaines plus tard. 

Les députés RN sortent des députés de la majorité présidentielle

C'est une défaite sévère pour les députés sortants qui portaient les couleurs de la majorité présidentielle car ils sont sortis avec des scores très hauts pour leur adversaire. L'étoile montante du RN Edwige Diaz s'offre un score de 58,70 % des voix dans le Blayais, c'est-à-dire le Nord Gironde. Pareil pour Hélène Laporte avec 9 points d'avance sur le deuxième dans la 2e circonscription du Lot-et-Garonne. 

Les députés macronistes, qui avaient bénéficié de la vague de 2017, dans le sillage de l'élection d'Emmanuel Macron, n'ont pas résisté. Leurs gouvernements respectifs depuis cinq ans n'ont pas apporté les réponses au quotidien de ces électeurs, manifestement.

La majorité présidentielle perd 8 députés en Aquitaine

Certes, le RN a fait tomber des députés d'Ensemble, mais pas que. La NUPES a aussi contribué à la chute. Deux sièges en Dordogne, terre de gauche historiquement, dont la circonscription de Périgueux qui est gagnée par une militante féministe active localement de longue date, Pascale Martin. Perdue aussi la 4e circonscription, où il y a eu le cafouillage autour d'un candidat investi par la majorité présidentielle qui n'était pas la députée sortante élue LREM. Bref, la division a coûté un fauteuil aux soutiens d'Emmanuel Macron. 

A Bordeaux, le représentant de la NUPES l'emporte. L'élu EELV Nicolas Thierry a gagné la bataille face à la député LREM sortante, Catherine Fabre. Bordeaux ancre ainsi un peu plus son vote écologiste, confirmant la couleur verte déjà choisie en 2020 lors des élections municipales. Nicolas Thierry représente Bordeaux Centre. 

La NUPES sur les bastions de gauche

La toute récente alliance née après l'élection présidentielle d'avril dernier a permis à des députés d'être élus sur des terres historiquement de gauche. Certains sont d'ailleurs réélus comme Boris Vallaud le socialiste landais, le socialiste Alain David sur la rive droite de Bordeaux ou encore Loïc Prud'homme sur Bègles. Là, ce sont des réélections, donc pas de gain.


La NUPES est donc en tête en Dordogne et dans les Pyrénées-Atlantiques, elle s'offre le fief de Jean Lassalle qui ne se représentait pas. C'est un jeune élu, socialiste d'Oloron-Sainte-Marie fait son entrée à l'Assemblée Nationale : Inaki Echaniz. Il incarne la nouveauté : tous les autres députés du département sont réélus, y compris le dissident socialiste David Habib, largement réélu alors qu'il n'avait pas voulu de cette alliance. C'est le cas particulier de cette élection.