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Salon de l'agriculture: les enjeux et le défi de devenir “le premier vignoble sans glyphosate”

Dans son discours d'inauguration du Salon de l"agriculture 2019, samedi : "Quand je regarde le vignoble français, je pense que nous pouvons faire le premier
vignoble du monde sans glyphosate". / © CHARLES PLATIAU / POOL / AFP
Dans son discours d'inauguration du Salon de l"agriculture 2019, samedi : "Quand je regarde le vignoble français, je pense que nous pouvons faire le premier vignoble du monde sans glyphosate". / © CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

Lundi, au salon de l'Agriculture, le comité national des interprofessions des vins AOP (CNIV) a relevé le défi lancé samedi par Emmanuel Macron. Une démarche enfin volontaire de la viticulture qui absorbait une grande part du pesticide consommé en France.

Par CB et AFP

Nous pouvons aller très, très vite pour sortir du glyphosate, d'autant plus vite que nous recevons des aides de l'Etat,

a déclaré Jean-Marie Barillère, président du CNIV lors d'une conférence de presse.

    Quand je regarde le vignoble français, je pense que nous pouvons faire le premier vignoble du monde sans glyphosate, dans 80% des cas cette transition va d'ailleurs s'effectuer,

avait déclaré samedi le président de la République dans son discours d'inauguration du Salon de l'Agriculture, à propos de ce puissant désherbant, considéré comme "cancérogène probable" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

 La question du délai pas résolue

Nous allons sortir du glyphosate, c'est sûr, c'est ce que demande la société, mais à quel terme, on ne sait pas exactement

 tempère le Bordelais Bernard Farges qui préside la CNAOC (vins et alcools AOC).

Le président a parlé de 80% du vignoble sans glyphosate d'ici trois ans, mais la sortie du gasoil pour le secteur automobile se fait en 25 ans, et pour celle du charbon, on ne sait pas encore.

    Jérôme Despey, qui préside le conseil spécialisé vins de l'organisme public FranceAgriMer, estime que pour 20 à 30% des 800.000 hectares de vigne que compte la France, il y aura des "impasses":

 Nous avons des zones à forte pente où il est impossible de s'occuper du sol avec des machines, et où on est obligé d'utiliser des herbicides chimiques pour empêcher l'érosion des sols.

    Il cite notamment les terrasses du Larzac dans le sud de la France, l'Alsace et ses vignes à flanc de vallon...

    Pour Bernard Farges, ce qui compte, c'est la tendance.

Le commerce des produits phytosanitaires s'effondre", affirme-t-il. "Et les achats de produits de biocontrôle (produits utilisant des mécanismes naturels, ndlr) ont progressé de 70% en trois ans pour les vignes".

    Dans son plan de filière remis à l'Elysée lors des Etats généraux de l'alimentation, la viticulture s'était engagée à réduire de 50% le glyphosate d'ici trois ans.

Des viticulteurs "le pistolet dans le dos"

    Bernard Farges estime que la viticulture va aller plus vite:

Moins 100% d'herbicide en trois ans c'est impossible, mais nous serons à -70%

Et à -70% d'utilisation des autres produits phytosanitaires très toxiques, dits CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques).

    Pendant 40 ans, à l'exception de la bio, la viticulture française s'est servie à outrance de ces produits chimiques, admettent les responsables viticoles français.  Le souvenir de la terrible crise du phylloxera qui a décimé le vignoble français à la fin du 19e siècle y est sûrement pour quelque chose...

Selon Bernard Farges :

Aujourd'hui, il n'y a pas que les neo-ruraux qui nous posent des questions sur nos pratiques environnementales, tout le monde veut savoir, et nous nous sommes organisés.

Mais il faut bien reconnaître que nous avons avancé parce que nous avons eu le pistolet dans le dos"

admet-il, évoquant les multiples enquêtes journalistiques,et la pression des organisations environnementales.

   

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