Jean Castex sur France 3 Limousin : "Le plan de relance fonctionne, notamment chez les jeunes"

Jean Castex est en déplacement à Limoges, lundi 20 septembre 2021. Après une visite sur le site d’Orano à Bessines-sur-Gartempe, le Premier ministre s’est rendu à la gare Limoges-Bénédictins où est à quai, pour deux jours, le "Train de la Relance". Ce midi, il répondait en direct à nos questions.

Le Premier ministre, Jean Castex, est en déplacement à Limoges, lundi 20 septembre 2021, alors que le "Train de la Relance" est à quai, gare de Limoges-Bénédictins jusqu’à demain. Ce train, qui sillonne les 12 régions de l’Hexagone, symbolise le plan national de relance économique autour de l’écologie, la compétitivité et la solidarité. Dans ce cadre, Jean Castex s’est rendu ce lundi matin sur le site d’Orano à Bessines-sur-Gartempe, qui a bénéficié d’un soutien financier de France Relance, avant de se rendre à la gare. Dans ce contexte, le Premier ministre s'est félicité de l'efficacité du plan de relance. Invité de notre journal à la mi-journée, le Premier ministre a répondu aux questions d'Annaïck Demars.

Interview Jean Castex : "On a déjà retrouvé le niveau de chômage d’avant la crise"

Le "Train de la Relance" sillonne la France depuis le début du mois : après Amiens, Caen, Rennes, Le Mans et Orléans, il va stationner deux jours en gare des Bénédictins à Limoges. Très concrètement, comment se traduit le plan de relance en Limousin ?

Par des projets concrets, qui intéressent la vie quotidienne de nos concitoyens et la préparation du futur. La vie quotidienne c'est plusieurs milliers de "Ma prime Rénov" qui permettent aux habitants du territoire, de la région, de la ville, de rénover leur logement. C'est bon pour la planète, c'est bon pour leur facture énergétique. Il va il y avoir une nouvelle enveloppe. J'ai annoncé la reconduction. C'est plusieurs milliards que l'Etat y consacre dans le plan de relance en 2022.

Le plan "1 jeune 1 solution", un des éléments forts du plan de relance : 6000 jeunes en ont bénéficié dans ce territoire. Le résultat est très concret : on a eu une très grave crise, on s'en souvient en 2008-2010, le chômage des jeunes dans le pays avaient explosé : +31%. Grâce au plan "1 jeune, 1 solution" il est en train de reculer.

Autour de ce "Train de la Relance", on trouve également un "Village de l’Emploi", des "Rencontres 1 jeune 1 solution" sont prévues à l'Université de Limoges : la jeunesse connaît-elle les mesures du plan qui lui sont dédiées aujourd'hui ? 

Il faut communiquer. On a des outils internet très simple, il suffit  de se connecter à "un plan 1 jeune 1 solution", vous trouverez des stages, l'apprentissage. Je crois beaucoup en l'apprentissage. On a beaucoup d'apprentis, ici, à Limoges, en Limousin, c'est extrêmement important. Il faut former et encore former. L’économie, on le voit bien, évolue : je suis allé à Orano à Bessines. Là, c'est les batteries électriques. Les batteries électriques on sait que c’est l’avenir mais encore faut-il les recycler donc nous investissons massivement, 6 millions, pour un prototype qui va nous permettre de recycler à 95% ces batteries.

Un an après, près de la moitié des 100 milliards d'euros prévus ont été dépensés : comment est évaluée l'efficacité de ce plan ? 

La première évaluation c'est les résultats concrets. C'est les chiffres de notre croissance économique. Evidemment, ma priorité, c’est de protéger les Français, de gérer la crise sanitaire, on progresse. Mais c'est aussi de m'occuper de l'emploi, de l'économie, et ce plan de relance marche. L’économie française aujourd'hui est, en terme de croissance, de reprise, l’une des toute première de la zone euro. On a déjà retrouvé le niveau de chômage d’avant la crise. Alors que tous les experts disaient, ce sera au mieux fin 2022.

Comptez-vous prendre des mesures ciblées en faveur du pouvoir d’achat des ménages les plus fragiles concernant leurs dépenses d’énergie, par exemple ?

Je l’ai annoncé, avec cette prime pour l’énergie qui existe déjà, que nous allons revaloriser à compter du 1er décembre de 100 euros par ménage élligible. On a voulu choisir un dispositif qui existe, qu'on va encore étendre. Nous sommes très attentifs aux questions de pouvoir d’achat. Là aussi, malgré la crise, en France, l'année dernière, nous avons eu une petite progression du pouvoir d'achat de 0.4%. C'est trop peu mais c'est beaucoup mieux que tous les pays qui nous entourent. Cette année 2021, par nos actions, vous verrez que le pouvoir d'achat de nos concityens va progresser de plus de 1.5% voire peut-être de 2% avec une attention particulière sur la flambée des prix de l’énergie et ceux de nos concitoyens qui auraient le plus de difficultés à honorer ces factures.

Nous sommes en gare des Bénédictins: l'enclavement est l'un des handicaps de notre territoire, le Limousin : le plan de relance va-t-il aussi servir à financer des trains plus rapides, en meilleur état ? 

Je suis un élu de la France rurale. Cette ligne Paris-Limoges-Toulouse, je l’ai emprunté des dizaines de fois. On sait que ça a reculé, 3h20, il faut se fixer le cap d’aller vers les 2h30. Il y a des travaux de rénovation des voies, d'ici 2025 cette voie devrait être rénovée. C'est aussi des nouveaux matériels. On a vu les prototypes, qui vont nous permettre de rouler à au moins 200 km/h. A partir de décembre 2023 des nouvelles voitures vont arriver.

Des cheminots sont en train de manifester devant la gare, là, qui disent qu'il y a 3000 suppressions d'emplois au sein de la SNCF, est-ce que ce n'est pas contradictoire avec ce message du "Train de la Relance"?

Non, je leur dit, et ils le savent, que ce soit pour les petites lignes, les trains de nuit, de frets, jamais l’Etat n'a autant investit dans le ferroviaire. Simplement, les Français souhaitent aussi, que la SNCF soit parfaitement gérée et que les trains soient à l’heure. J’ai confiance envers les cheminots, je suis connu pour être un premier ministre qui aime le train mais il faut que les trains soient à l'heure et qu'on investisse massivement sur le ferroviaire.

M. Castex, les ministres de votre gouvernement se succèdent depuis la fin de l'été en Limousin, aujourd'hui vous êtes là, ce train de la relance sillonne le pays durant tout le mois de septembre : à quasiment 200 jours du 1er tour de l'élection présidentielle, comment ne pas y voir un début de campagne en faveur de la réélection d'Emmanuel Macron ?

L'heure n’est pas à la campagne électorale. L'heure est au travail gouvernemental. 

Vous souhaitez qu'il se représente ?

Bien entendu mais au moment venu. L'heure est au travail gouvernemental. On en n'a pas fini avec la crise sanitaire. Il faut réinvestir notre économie, notre industrie, trouver de l'emploi aux gens. On n'arrive pas à pourvoir des emplois. On créé tellement d'emplois qu'on n'arrive pas à les pourvoir. C'est ça les chantiers de la rentrée. Vous avez parlé du pouvoir d'achat, ce plan de relance, je l’ai annoncé en juillet 2020. Nous le déployons aiu jour le jour, c'est dans l'intérêt du pays. 

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