LÉGISLATIVES 2024 : ce qui disent les programmes sur la santé

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Dans une région comme le Limousin, marquée par une baisse du nombre de soignants et par des difficultés dans les hôpitaux, les politiques de santé peuvent avoir un impact important. Que proposent les formations en lice pour les prochaines élections législatives ? On vous aide à y voir plus clair.

Le premier programme publié pour ces législatives anticipées, c’est celui du Nouveau Front populaire, l’alliance des partis de gauche. Dans ce document, la santé est présente à plusieurs niveaux, d’abord dans les priorités pour les cent premiers jours d’un éventuel gouvernement.

À gauche : régulation des installations et sauvetage de l’hôpital public

L’objectif global est de voter une grande loi santé, avec quelques précisions.

D’abord, le Nouveau Front populaire veut réguler l’installation des médecins dans les déserts médicaux. Cette mesure n’a jamais été testée, car elle provoque l’opposition d’une partie de la profession, attachée à la liberté d’installation.

Le Nouveau Front populaire veut aussi organiser une conférence de sauvetage de l’hôpital public, avec une revalorisation des salaires et un plan de recrutement, même si le programme ne précise pas où recruter...

Les partis de gauche mettent enfin en avant plusieurs mesures en faveur de l’environnement comme l’interdiction des polluants éternels, reconnus nocifs pour la santé.

Majorité présidentielle : dans la continuité

La majorité présidentielle n’a qu’un seul candidat officiel en Creuse, mais elle soutient les candidats de droite dans les autres circonscriptions du Limousin. Le mouvement renommé "Ensemble" a aussi publié un programme qui comporte des mesures sur la santé.

Contre les déserts médicaux, l’objectif est de doubler le nombre de médecins en formation grâce à la suppression du numerus clausus. Pour y parvenir, il faudrait aussi doubler les places dans les universités et les possibilités de stages dans les hôpitaux ; cela, le programme n’en parle pas.

Mais il reste ambitieux : "Nous permettrons à chaque Français d’avoir, dès cet été, un médecin de garde à moins de 30 minutes du domicile." Ce n’est pas la première promesse exagérément optimiste du mouvement présidentiel.

Pour simplifier l’accès aux soins, les macronistes veulent aussi permettre aux pharmaciens, sages-femmes, infirmiers, opticiens et orthophonistes de "réaliser une vingtaine d’actes médicaux du quotidien tels que la vaccination en pharmacie ou l’adaptation de la prescription de lunettes".

Concernant l’hôpital, il n’en est pas question, sauf pour une mesure inattendue : après chaque passage et pour chaque patient, une "facture informative" sera proposée pour favoriser la transparence et "mieux repérer les cas de fraude." Pas de quoi régler, par exemple, à Limoges, la crise des urgences.

Les Républicains : une idée corrézienne 

Chez Les Républicains, il n’y a pas de programme en ligne à ce jour : les dissensions au cœur du parti ont perturbé la campagne.

Mais la députée sortante de Corrèze Frédérique Meunier a fait parler d'elle ces derniers mois avec une proposition originale : donner une seconde chance à certains étudiants de médecine recalés, en échange d’un engagement à exercer pendant dix ans comme généraliste en milieu rural.

Cette idée soulève évidemment des questions sur la formation de ces futurs médecins ou sur une rupture d'égalité avec les autres étudiants pendant leur cursus, et elle reste en suspens. 

Rassemblement National : inquiétude d'une partie du secteur

Jordan Bardella, chef de file du Rassemblement National, a présenté ce lundi un programme qui parle notamment de santé.

Pour lutter contre les déserts médicaux, le parti d’extrême droite mise sur les retraités, avec la "suppression de l’impôt sur les revenus d’activité des médecins et des infirmiers retraités reprenant du service." Mais dans la région, ces médecins sont déjà sollicités : selon l'ordre des médecins, en Creuse, 19% des médecins sont des retraités actifs.

Le RN veut aussi mettre en place des incitations financières pour les médecins qui s’installent dans les déserts médicaux. Cela existe depuis vingt ans sans résultat probant. Le RN souhaite également augmenter le nombre d’étudiants en santé, mais comme pour la majorité présidentielle, les moyens d’y parvenir ne sont pas indiqués. 

Autre mesure : la suppression des Agences Régionales de Santé en faveur des préfets qui organiseraient les soins à l’échelle départementale. Là encore, c’est étonnant, car les ARS sont déjà organisées en délégations départementales. 

Mais au-delà du programme, des soignants sont inquiets de voir l'extrême droite aux portes du pouvoir. Ils se souviennent de la déclaration symbolique de Jordan Bardella en 2020 : "Didier Raoult est à la médecine ce que nous sommes à la politique." Le professeur marseillais a depuis été poursuivi pour charlatanisme par l’ordre des médecins.

La semaine dernière, 3 600 professionnels de santé et usagers, dont quatorze soignants du Limousin, ont signé une tribune, notamment pour défendre face à l’extrême droite un système de soins qui "a survécu aux crises successives grâce à l’engagement et au dévouement de professionnels dont beaucoup sont issus de l’immigration, malgré tous les obstacles qu’ils peuvent rencontrer sur leur parcours."

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