Quatre tonnes de viandes volées dans un abattoir : un homme condamné à cinq mois de prison avec sursis

Ce vendredi 22 mars 2024, un homme a été condamné à cinq mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Limoges. Il est accusé d'avoir volé dans un abattoir près de quatre tonnes de plats-de-côtes sur plusieurs mois en 2023. L'agent de sécurité, soupçonné de complicité, a été relaxé au bénéfice du doute.

C'est un vol de marchandise qui n'est pas banal, présenté, ce vendredi, devant le tribunal correctionnel de Limoges. En 2023, quatre tonnes de viande ont été volées en l'espace de quelques mois dans un abattoir. Le mis en cause est un salarié de la boucherie Covilim, d'origine malgache qui avait avoué en garde à vue revendre les plats-de-côtes volés auprès de sa communauté à deux euros le kilo, avec l'aide d'un agent de sécurité de l'abattoir.

Les deux hommes, âgés d'une quarantaine d'années et amis de longue date, comparaissaient ce vendredi 22 mars 2024. Le parquet avait requis cinq et six mois d’emprisonnement ferme pour les deux hommes. Finalement, la condamnation tombe en milieu d'après-midi : cinq mois de prison avec sursis. L'agent de sécurité de l'abattoir, soupçonné d'être son complice, a été relaxé au bénéfice du doute. 

L'avocate du salarié, Maître Variengien, s'est exprimé à l'issue de l'audience. "Il explique ce vol par des problèmes d'argent. Il a perdu son père qui vit à Madagascar et a contracté des crédits à la consommation pour payer les frais de santé. Et puis finalement un engrenage avec plusieurs crédits à la consommation. Il trouve cette solution qui n’est évidemment pas la bonne et c’est la raison pour laquelle il a reconnu les faits."

Mais lors de l'audience, le parquet a indiqué que des sommes d’argent ont été retrouvées au domicile du salarié. "On retrouve 405 euros en liquide, deux télévisions dans les chambres et un écran plat dans un salon. Si on considère qu’une personne a un train de vie important avec cette somme-là et le fait d’avoir trois télés, je pense que toute personne serait considérée très riche en France", déclare Maître Emma Variengien.

Au-delà de cette condamnation avec sursis, l'homme a été licencié de la boucherie dans laquelle il travaillait. 

Pas de peine pour l'agent de sécurité

Devant le tribunal, le salarié change de discours concernant l'implication de l'agent de sécurité. Il déclare que ce dernier n'est finalement pas son complice. Me Olivier Guillot, avocat de cet autre salarié, se satisfait de l'issue de la séance. Le salarié à l'origine des vols "n’a jamais partagé l’argent avec mon client. Il y a des photographies de mon client qui donnait un coup de main. C’est une pratique habituelle. Le fait qu’on l'aperçoive en train de donner un coup de main, c'est la preuve qu’ils sont amis, pas qu’il a volé."

"Il n'a pas compris qu'il devait faire l'objet de telles accusations", ajoute-t-il. "Et ce matin, son collègue dit qu’il a menti et que le garde n’est pas impliqué. On vient avec un dossier qui s’effondre. Mon client, ça fait 18 ans qu’il travaille ici. Il a noué des relations avec un certain nombre de salariés. Lorsqu'ils sont en train de pousser des objets lourds, il donne un coup de main. Ils le font tous."

Relaxé au bénéfice du doute, il va pouvoir reprendre son travail à l'abattoir.

Rappel des faits

Les faits se sont déroulés entre juin et octobre 2023. À l'époque, le responsable de l'abattoir s'aperçoit de vols répétés. Il met alors en place un système de vidéosurveillance dans les pièces frigorifiques où sont stockées les viandes, et démasque le voleur.

Le salarié de la boucherie Covilim est placé en garde à vue. Il reconnaît les faits et accuse l'agent de sécurité de l'abattoir de l'avoir aidé à faire passer les marchandises contre une part des bénéfices. Le salarié s'est finalement rétracté devant le tribunal. Le vigile clamait depuis le début de l'enquête son innocence, indiquant avoir aidé son ami à charger la viande sans connaître la nature illicite du trafic. 

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Le préjudice pour toute cette marchandise est estimé à 20 000 euros.