Témoignage. Fin de vie. "S'il y a besoin, je peux les appeler" : une journée avec une équipe mobile de soins palliatifs

Publié le Écrit par Marine GuignéFrance Lemaire et Valentin Pasquier

France 3 Limousin a suivi le quotidien d'une équipe mobile de soins palliatifs dans le nord de la Haute-Vienne, qui se charge de soins de fin de vie aux domiciles des patients. Alors que l'exécutif doit présenter ce 10 avril son plan décennal des soins d'accompagnement en Conseil des ministres, le Limousin manque cruellement de ces services de soins.

Elle sillonne le nord du département sur un rayon de cinquante kilomètres autour du Dorat (Haute-Vienne). L’équipe mobile de soins palliatifs de l’hôpital intercommunal (HIHL) assure, en se déplaçant de domicile à domicile, le suivi de 110 malades dans ce secteur de la Haute-Vienne, au nord de Limoges.

Ce matin de fin mars, le Dr Catherine Salmon et Sandrine Lecomte sont attendues au chevet d’une patiente âgée de 94 ans. C'est sa fille, Yolande, qui depuis quelques années veille quotidiennement sur sa maman. "Il faut être disponible, mais on a aussi besoin d'aide," souffle cette aidante.

Une présence rassurante

Face à l’imminence du décès d’un proche, le soutien du binôme médecin-infirmière rassure. "Ça m'apporte du bien-être, c'est très réconfortant. S'il y a besoin, je peux les appeler. Ça existe et il ne faut pas laisser tomber ça. Ça donne une puissance supplémentaire pour s'occuper d'une personne dépendante."

Ce n'est pas facile, de garder une personne qui ne parle plus, qui ne marche plus et qu'il faut faire manger, c'est très contraignant. C'est pas toujours gai, c'est sûr, mais lorsque vous avez des gens auprès de qui vous pouvez vous confier et poser des questions, ça dédramatise un peu.

Yolande

aidante

L'équipe mobile de soins palliatifs (EMSP) - composée d’une secrétaire, de deux infirmières, d’un psychologue et d’un médecin à temps partiel - intervient également dans de nombreuses maisons de retraite et établissements médico-sociaux du secteur. Elle vient aussi échanger régulièrement avec le personnel soignant de l'HIHL du Dorat, confronté, lui aussi, à la mort.

"On est un établissement de proximité, ou beaucoup de soignants connaissent les patients qui, eux, restent souvent sur des hospitalisations assez longues, pour de multiples hospitalisations. Il y a quand même un lien qui se crée, explique Sandrine Lecomte, l'une des infirmières de l'EMSP. Donc comme toute personne de l'entourage du patient, il y a un deuil à faire de la personne. Et lorsque plusieurs deuils s'accumulent, ça fait mal, même si on est soignant."

Des soins de fin de vie

Le président de la République a annoncé, dans un entretien début mars, qu'un projet de loi pour une "aide à mourir" était en préparation, et a également indiqué lancer un plan décennal des soins palliatifs, rebaptisés "soins d'accompagnement". Celui-ci, présenté ce 10 avril en Conseil des ministres, prendra la forme d'une enveloppe d’un milliard d’euros sur dix ans afin de renforcer les soins palliatifs en France.

En France, les soins palliatifs sont encadrés par la loi Clayes-Léonetti du 2 février 2016, qui a créé des droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie. Elle instaure notamment celui à la sédation profonde et continue jusqu’au décès, à la demande du patient. Les directives anticipées, jusqu’alors consultatives, s’imposent désormais aux médecins.

Les soins palliatifs s’adressent à des personnes atteintes d’une maladie grave, évolutive ou terminale. Ils visent à soulager les douleurs physiques, mais aussi la souffrance psychique.

En France, ils s’organisent de différentes façons :

  • Les USP : les unités de soins palliatifs, comme au CHU de Limoges,
  • Les EMSP : les équipes mobiles de soins palliatifs, comme celle qui visite Yolande et sa maman,
  • Les ERRSPP : équipes ressources régionales de soins palliatifs pédiatriques ;
  • Les HAD : établissements d’hospitalisation à domicile.

 

Le plan décennal annoncé par le gouvernement doit notamment pallier les inégalités des territoires concernant ces services de soins, dont souffre particulièrement le Limousin.

Les soins palliatifs en Limousin

L'unique unité de soins palliatifs dont dispose actuellement l'ex-région se situe au CHU de Limoges, et dispose de dix lits. Le gouvernement a annoncé depuis la création d'une nouvelle unité à Brive. À ce jour, vingt et un départements en France ne possèdent pas d’unité de soins palliatifs, comme la Creuse et, jusqu'alors, la Corrèze.

Les patients peuvent également bénéficier de soins palliatifs dans d’autres services, c’est ce que l’on appelle les lits identifiés soins palliatifs (LISP). Cela représente 126 lits dans le Limousin : à Brive, Tulle, Ussel, Bort-les-Orgues, Aubusson, Sainte-Feyre et Guéret. 

La région dispose aussi de quatre équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP) : une en Creuse - un temps menacée - dépendant du CH de Guéret, une en Corrèze, placée sous l'égide du CH de Tulle, et deux en Haute-Vienne, dont celle de Sandrine Lecomte et du Dr. Catherine Salmon. Cette équipe exerce sur le secteur de l’Hôpital Intercommunal du Haut Limousin (HIHL), basé au Dorat, à Magnac-Laval et à Bellac, et dépend du service de soins palliatifs du CHU de Limoges.

Qu’avez-vous pensé de ce témoignage ?
Cela pourrait vous intéresser :
L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
choisir une région
Nouvelle-Aquitaine
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité