Assises des Landes : journée décisive dans le procès de l'adolescent tué et enterré à Yssos

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Écrit par América Lopez et Thibault Grouhel sur place

Depuis le 24 novembre, trois jeunes, aujourd’hui âgés de 19 ans, comparaissent à huis clos devant la cour d'assises des mineurs des Landes, près de trois ans après la mort de Victor Faget. Ce lycéen, originaire de Dax, avait été tué et retrouvé enterré dans un champ au bord d'une route d'Yssos. Mercredi 30 novembre, un expert en téléphonie a examiné les messages échangés par les adolescents avant le guet-apens.

Préméditation ou pas ? C'était tout l'enjeu de cette nouvelle journée de procès pour le meurtre de Victor Faget dont le corps sans vie a été retrouvé en février 2020.

Une audition cruciale

La cour a auditionné cette après-midi un expert en téléphone et informatique, qui a remonté la trace des messages échangés entre le principal accusé et sa petite amie. Des messages effacés après la découverte du corps de l'adolescent.

Dans le box des accusés, trois jeunes adultes sont accusé d'avoir tendu un guet-apens mortel le 3 février 2020. Un Basco-Béarnais de 19 ans va répondre d’assassinat, une jeune femme landaise de 19 ans de complicité d’assassinat et un jeune homme de Saint-Palais, du même âge, d’abstention volontaire d’empêcher un crime.

L'enquête a révélé que Victor Faget est tombé dans un guet-apens tendu par son ex-copine. Les accusés nient la préméditation, ils assurent qu'ils n'avaient pas l'intention de tuer Victor Faget en lui tendant ce piège.

Des messages suspects

Tout l'enjeu de cette journée était donc de déterminer si le meurtre était prémédité. Devant la cour, un expert a remonté la trace de conversations, et de recherches internet douteuses. Selon l'avocat de la partie civile, il s'agit de la preuve des intentions des deux principaux accusés. 

Il y a des recherches de mots clés qui ont été employés qui sont ressortis dans ces conversations : je pense à 'enterrer', à 'meurtre', à 'pelle'.

Maître Frédéric Dutin, avocat de la partie civile

Certains messages ont même été échangés dix minutes seulement avant le guet-apens. Mais pas de quoi prouver la préméditation, selon l'avocat de la défense.

Les mots que l'on considère comme des mots-clés ne sont ni plus ni moins employés que les autres mots qui constituent le stock verbal normal d'un adolescent.

Maître Simon Cohen, avocat de la défense

Des peines plus lourdes en cas de préméditation

Si la préméditation est retenue, les peines encourues sont plus lourdes. Le principal accusé et la jeune fille encourent la perpétuité. Le troisième accusé, qui répond du chef d'abstention volontaire de cacher un crime, encourt cinq ans de prison.

La découverte de ces messages avait entraîné le placement en détention provisoire de la jeune fille en février 2021, rappelle Me Frédéric Dutin, l'avocat de la mère de Victor Faget. Selon lui, "le duo" a organisé sciemment ce guet-apens mortel.

Excuse de minorité 

L'autre étape déterminante dans ce procès, c'est l'excuse de minorité défendue par les avocats des accusés.  Les accusés étaient mineurs au moment des faits, "ils doivent donc être jugés comme mineurs", et c'est le souhait de Me Arnaud Dupin, l'avocat de l'ex-copine de la victime interrogé par France 3 Aquitaine.

En revanche Me Frédéric Dutin qui défend la mère de Victor Faget souhaite que les trois accusés soient jugés comme adultes puisqu'ils ont 19 ans aujourd'hui. Cette excuse de minorité fera partie du réquisitoire de l'avocat général. À la cour de faire son choix.

Ce procès se poursuit à huis clos, la publicité est restreinte aux familles et aux témoins.

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