Pays basque : des centaines d'élus demandent à la France de participer au désarmement de l'ETA

Une délégation de parlementaires et d'élus loaux du Pays Basque, de toutes tendances politiques, ont remis vendredi à la sous-préfète de Bayonne
une lettre adressée au gouvernement pour lui demander de " s'impliquer dans le processus de désarmement " de l'organisation séparatiste basque ETA.

Plusieurs centaines d'élus signent un appel pour que l'Etat français s'engage dans le désarmement de l'ETA ©France 3 Euskal Herri
Signée par trois députés et deux sénateurs des Pyrénées-Atlantiques ainsi que par plusieurs centaines de conseillers régionaux, départementaux et élus
municipaux, cette lettre fait suite à l'arrestation de cinq personnes, le 16 décembre à Louhossoa, près de Bayonne.

L'opération a été présentée par Paris et Madrid comme un coup porté à ETA avec une importante saisie d'armes et d'explosifs.
Des défenseurs des droits de l'homme assurent que les cinq personnes interpellées, membres connus de " la société civile ", voulaient " détruire " ces armes pour " enclencher le processus de désarmement d'ETA ".

Nous, élus du Pays Basque de toutes sensibilités politiques, sommes interpellés par ces arrestations car il s'agit de personnalités connues de tous, dont l'engagement en faveur de la paix est incontestable, ce dont nous voulons témoigner

écrivent les signataires dans la lettre, remise à la sous-préfète Catherine Seguin.

" Afin que la société civile ne soit plus dans l'obligation d'intercéder, comme elle y a été contrainte à Louhossoa, nous, élus du Pays Basque, demandons au gouvernement français de s'impliquer dans le processus de désarmement et la résolution globale du conflit ", conclut le document.

ETA, née en 1959 dans la lutte contre la dictature franquiste, a commis des attentats ayant causé la mort de 829 personnes, selon les autorités espagnoles et françaises. En octobre 2011, l'organisation a renoncé à la violencemais n'a pas remis ses armes et refuse de se dissoudre.

A l'agonie, elle veut négocier avec l'Espagne et la France sur le sort de ses quelque 400 membres détenus dans ces deux pays, ce que Madrid et Paris refusent.

La moitié des maires du Pays Basque a signé cette lettre, et nous en sommes à 600 signatures d'élus

a indiqué à l'AFP Marie-Christine Aragon, conseillère départementale PS et conseillère municipale de Bayonne, signataire de la lettre.

Les cinq personnes interpellées à Louhossoa ont été mises en examen à Paris par un juge antiterroriste pour port, transport et détention d'armes, de munitions et de produits explosifs, en relation avec une entreprise terroriste.

Jean-Noël Etcheverry, dit Txetx, dirigeant du mouvement écologiste Bizi!, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la Chambre d'agriculture alternative du Pays Basque, Michel Bergougnian, coopérateur viticole, la journaliste Béatrice Haran-Molle et un caméraman, Stéphane Etchegaray, ont tous été laissés libres sous contrôle judiciaire.
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