Pays basque : un océan anormalement chaud

Au Pays basque, les baigneurs se sont régalés mais les températures de l'océan plus élevées que la normale de saison n'est pas sans conséquence si le phénomène se répète. / © France 3
Au Pays basque, les baigneurs se sont régalés mais les températures de l'océan plus élevées que la normale de saison n'est pas sans conséquence si le phénomène se répète. / © France 3

Plus 4 degrés : la température de l'eau a été inhabituellement plus chaude durant l'été 2018. Pourquoi et avec quelles conséquences ? 

Par Christine Le Hesran


Il y a foule à Anglet, sur la plage des Sables d'Or, et notamment dans l'eau. Et durant tout l'été 2018, les baigneurs se sont pressés dans l'océan atlantique, notamment au Pays basque.
Mais les vacanciers de passage ignorent peut-être que c'est exceptionnel : + 3 à 4 degrés par rapport aux années précédentes, c'est même énorme. Le record 27,2 degrés enregistrés à Anglet. 
 
24 degrés à Anglet le jeudi 23 août, une température de l'eau exceptionnelle / © France 3
24 degrés à Anglet le jeudi 23 août, une température de l'eau exceptionnelle / © France 3

 

Francis Morisset, climatologue Météo France à Biarritz au Pays basque, confirme l'impression des baigneurs. C'est plutôt 21 à 22 degrés qui ont été relevés ces dix dernières années.
 

Elle est vraiment plus chaude que habitude.


Depuis le mois d'avril, un anticyclone réchauffe l'océan dans le Golfe de Gascogne, l'absence notoire de vent a fait le reste d'après l'expertise de Francis Morisset.

Pas de vent ni de houle donc pas de brassage,  pas de mélange entre les eaux de surface et de profondeur

Conclusion du spécialiste : "Ce qui fait qu'on a eu une température moyenne de la surface de l'eau qui est restée très élevée. "
 

Impact pour la faune et la flore ?


Pas encore de lien avéré et direct pour associer ce réchauffement de l'eau aux changements climatiques , c'est encore trop court. On manque de recul nécessaire pour pouvoir le dire. 
Mais les spécialistes de Mercator Ocan International qui récoltent les données depuis 20 ans. Romain Bourdalle-Badie est océanographe et il constate la multiplication de ces épisodes. " C'est la répétion qui peut peut poser problème car ça va créer un changement de milieu marin, notamment de la température et donc impacter la faune et la flore qui vont soit s'adapter soit disparaître car il faut s'adapter aux changements de milieu mais aussi à l'arrivée ou pas de nouveaux prédateurs."

Pas sûr que les baigneurs ravis de se glisser sans sourciller dans une eau plus chaude aient tout à fait conscience de ces évolutions que les scientifiques observent... Les surfers, eux, n'ont pas de houle pour les mêmes raisons d'après les spécialistes. 

 
L'organisme Mercator Océan international publie tous les jours sur son site les prévisions de température de l'eau, ici les côtes du Golfe de Gascogne. L'eau est toujours aux alentours de 23/24 ° sur la côte basque. / © Mercator Ocean international
L'organisme Mercator Océan international publie tous les jours sur son site les prévisions de température de l'eau, ici les côtes du Golfe de Gascogne. L'eau est toujours aux alentours de 23/24 ° sur la côte basque. / © Mercator Ocean international
 
© Mercator ocean international
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