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Chercheuse chez Sanofi, Catherine en quête d'avenir

Catherine Pech lors d'un rassemblement des "Jeudis de la colère" devant le site Sanofi à Toulouse / © Juliette Meurin/France 3 Midi Pyrénées
Catherine Pech lors d'un rassemblement des "Jeudis de la colère" devant le site Sanofi à Toulouse / © Juliette Meurin/France 3 Midi Pyrénées

Elle était fière de travailler chez Sanofi pour une cause noble : la maladie d'Alzheimer. Aujourd'hui, elle ne sait plus quel est son avenir dans ce prestigieux groupe pharmaceutique. Portrait d'une chercheuse combattante.

Par Juliette Meurin

Elle est encore jeune, à peine la quarantaine, un mari, deux enfants et un boulot passionnant. Au début de l'été, cet équilibre a été brutalement remis en cause par une simple lettre annonçant un plan de restructuration touchant plus particulièrement la branche Recherche et Développement de Sanofi.


Continuer à travailler comme si de rien n'était


Catherine Pech a été embauchée il y a 8 ans chez Sanofi, c'était son premier poste après de longues études. Pour elle, c'était l'opportunité de travailler dans une entreprise pharmaceutique, pour une cause noble, pour des malades. Chercheuse en protéomique, Catherine travaille plus particulièrement depuis deux ans sur un projet lié à la maladie d'Alzheimer. L'objectif est de trouver comment faire un diagnostic précoce de la maladie. Les premiers résultats sont très encourageants mais que va devenir cette étude ? Catherine et son équipe n'en savent rien. On ne leur a rien dit à ce sujet ; ils ont posé des questions mais ils n'ont pas obtenu de réponse ; ils continuent à travailler comme si de rien n'était.

Le plan social chez Sanofi : un vrai choc


L'annonce de la restructuration de Sanofi le 5 juillet dernier a été un vrai choc pour Catherine ; comme les autres, elle ne s'y attendait pas. Comment pouvaient-ils remettre en cause l'avenir d'un site dans lequel des investissements très lourds venaient d'être faits : plus d'un million et demi d'euros ces deux dernières années pour l'achat de spectromètres de masse. Alors depuis cet été, Catherine se mobilise avec ses collègues, elle qui n'est pas syndiquée et qui n'avait pas manifesté depuis ses années d'étudiante se retrouve aujourd'hui parmi les premières à défiler dans les rues, à organiser des rassemblements devant le site de la route d'Espagne. Hier encore, elle était à Paris pour manifester. Deux nuits passées dans le bus.
Catherine Pech à la manifestation des salariés de Sanofi à Paris le 3 octobre 2012 / © Photo Keith Neil
Catherine Pech à la manifestation des salariés de Sanofi à Paris le 3 octobre 2012 / © Photo Keith Neil

La vie de famille se trouve forcément un peu bouleversée. Comment répondre à son enfant de 10 ans qui demande : "alors maman ça y est t'es au chômage ?" Catherine s'inquiète, elle avoue y penser tout le temps mais s'efforce de parler d'autre chose à la maison. Depuis quelques jours, des informations ont filtré : le site de Toulouse serait découpé en petites entités qui seraient envoyées à Lyon ou Paris. Bien sûr, depuis plusieurs semaines elle a déjà réfléchit à cette question : quitter Toulouse pour aller à Paris ? Ce serait très difficile, son mari a un poste de responsable d'équipe chez Continental à Toulouse, alors qui fait le sacrifice ? Et son projet sur la maladie d'Alzheimer qui lui tient tant à coeur... Le choix est cornélien.

Se battre pour la santé contre le profit


Catherine a décidé de se battre et elle pense que la mobilisation de tous pourrait faire reculer la direction. La France doit continuer à investir dans la recherche pour sortir de la crise. La santé est l'affaire de tous et selon elle, les arguments des dirigeants qui disent vouloir assurer la pérennité de l'entreprise ne tiennent pas. Ils veulent seulement offrir encore un peu plus de profit aux actionnaires.
Elle compte beaucoup aussi sur le soutien des élus locaux de gauche comme de droite et sur le gouvernement qui dit-elle "a compris le non sens de cette restructuration."

Manifestation des "Sanofi" à Toulouse le 4 octobre


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