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Gérard Onesta : “Pourquoi je suis candidat à l'investiture écologiste pour les élections régionales”

Gérard Onesta / © Rémy Gabalda / AFP
Gérard Onesta / © Rémy Gabalda / AFP

Dans une interview exclusive, l'ancien vice-président du parlement européen annonce qu'il brigue l'investiture d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) pour les régionales de décembre prochain et explique ses raisons. 

Par Fabrice Valery

Vice-président écologiste du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, Gérard Onesta va briguer l'investiture EELV pour les élections régionales des 6 et 13 décembre prochains, annonce-t-il dans une interview exclusive accordée à France 3. L'écologiste explique longuement ses raisons et lève le voile sur une partie de son projet.

Gérard Onesta, Europe Ecologie Les Verts
C'est le 25 avril que les militants EELV de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, réunis à Carcassonne, définiront la stratégie (liste autonome, alliance au premier tour, etc) et choisiront le binome homme-femme qui conduira campagne. Les candidats ont jusqu'à ce mercredi 15 avril minuit pour se faire connaître. 

France 3 : Gérard Onesta, vous confirmez que vous êtes candidat à l'investiture d'Europe Ecologie Les Verts pour mener la liste aux régionales en décembre ?
Gérard Onesta : J'en ai bien évidemment beaucoup discuté autour de moi, notamment à travers de nombreux déplacements dans les 13 départements de la nouvelle grande région, car ce n'est pas une décision que l'on prend seul, du moins chez les écologistes, et effectivement que je vais avoir l'honneur de solliciter la confiance des militants et des militantes d'EELV.

Je sens une grande confiance autour de moi"


Pourquoi cette décision ?
Je pense que tout militant est légitime pour postuler. Pourquoi serai-je plus légitime que d'autres ? Mais je sens une grande confiance autour de moi. Et puis j'ai prouvé par le passé que je n'étais pas candidat à tout ce qui passe. La presse m'annonçait comme celui qui allait rester au parlement européen, puis comme candidat aux législatives, puis comme tête de liste pour la mairie de Toulouse et bien évidemment candidat aux sénatoriales mais j'ai quand même prouvé que j'avais un égo bien calibré. J'essaye toujours de me consacrer à une seule tâche et de la mener jusqu'au bout.

France 3 : Mais les raisons politiques de cette candidature, quelles sont-elles ?
Je pense que l'on est à un moment très très particulier que l'on est en train de vivre, dans notre société française. On voit qu'il y a des partis traditionnels qui sont en pleine deshérance et qui ont du mal à mobiliser nos concitoyens, on le voit avec la montée de l'abstention.
La deuxième chose qui est extrêmement inquiétante, c'est évidemment la montée du Front National, notamment dans notre nouvelle région.
La troisième raison, c'est que les élections régionales (6 et 13 décembre 2015) vont tomber en plein sommet mondial sur le climat (COP 21) qui aura lieu à Paris et j'ai l'intime conviction que le seul moyen que l'engrenage national, européen et mondial se mette en marche c'est que chacun sur son territoire mette de suite en pratique des politiques très concrètes qui permettent de sauver le climat. Ça ré-interroge toutes les politiques : énergie, transports, agriculture... Et si les écologistes veulent être très entendus sur ces sujets au niveau national, ils doivent être d'abord entendus dans les assemblées qui vont devoir mettre en oeuvre ces politiques. 


La nouvelle assemblée régionale, outre le changement de cartographie dans ce grand Languedoc réunifié que les écologistes appelaient de leurs voeux depuis longtemps, aura des pouvoirs que n'avaient pas les conseils régionaux"


Enfin quatrième et dernier point, la nouvelle assemblée régionale, outre le changement de cartographie dans ce grand Languedoc réunifié que les écologistes appelaient de leurs voeux depuis longtemps, aura des pouvoirs que n'avaient pas les conseils régionaux. Actuellement une grande partie de notre travail est informatif, déclaratif, or il va devenir prescriptif notamment les deux grands schémas qui ont du sens pour les écologistes : l'aménagement du territoire et le développement économique. 

La gauche peut-elle se permettre de partir divisée au premier tour des régionales au risque de favoriser ainsi la droite et l'extrême-droite ?
Ce sont les militants qui le décideront le 25 avril à Carcassonne et à bulletins secrets. Pour les départementales, EELV a été le seul parti en France à retirer ses candidats avant le premier tour quand il y avait un risque que la gauche ne soit pas présente au second tour. Mais il n'y a aucun risque, aucun, que la gauche soit éliminée au premier tour avec un scrutin proportionnel où il suffit de faire 5 %. S'il n'y a plus qu'une région en France, une seule, qui reste à gauche, ce sera la notre. 

Si on veut que la gauche ait des réserves de voix au second tour, il y a intérêt que l'offre politique dans le camp progressiste soit très plurielle"


Mais pourquoi cependant ne pas s'unir avec le PS dès le premier tour ? 
Face à ce que défend actuellement le PS, avec le gouvernement Valls, dont Carole Delga est très proche (NDLR : la secrétaire d'Etat à l'artisanat et au commerce, désignée tête de liste du PS pour les régionales), c'est-à-dire une politique qui parle à une fraction de la gauche, il y a toute une frange de la gauche, plus radicale, plus écologiste, et s'il n'y a pas de candidat au premier tour pour incarner cette autre gauche possible je suis persuadé que notre électorat ne bougera pas et ira grossir les rangs des abstentionnistes. Donc si on veut que la gauche ait des réserves de voix au second tour, il y a intérêt que l'offre politique dans le camp progressiste soit très plurielle, très large, pour ne laisser personne sur le bord du chemin. 

Notre région court un gros risque, et c'est ça aussi qui fait le lit du Front National, c'est que des bassins de vie, des territoires entiers risquent de se sentir abandonnés"


Et pour les idées, le programme, il est encore trop tôt ? 
Pour le moment je ne suis que candidat à l'investiture. Ce sont les militants qui définiront la stratégie, le programme et la composition de la liste. Ce projet sera donc coproduit mais je ne doute pas un seul instant qu'on y retrouvera tous les fondamentaux de l'écologie politique : des éléments de solidarité, de partage, de mieux-vivre, de précaution, etc. 
Et puis, à l'évidence, notre région court un gros risque, et c'est ça aussi qui fait le lit du Front National, c'est que des bassins de vie, des territoires entiers risquent de se sentir abandonnés. Déjà, Toulouse capte l'essentiel de la richesse de huit départements. Montpellier fait un petit peu la même chose sur son territoire. Si on pense installer une méga-région autour d'une méga-métropole en oubliant tout le reste du territoire, on fait une erreur politique majeur. Les écologistes auront donc la volonté d'équilibrer, de faire des mécanismes d'équilibrage massif pour l'ensemble des bassins de vie. Chaque fois que vous avez un territoire qui se sent oublié, parce que la poste ferme, la gare ferme, l'école n'est plus là, on peut être certains que ces territoires, le coup suivant, vont massivement voter pour le Front national. Cette sensation d'abandon, parce que la décision est prise à Toulouse, à Montpellier, à Paris ou ailleurs, il faut impérativement y répondre. Et pour nous, ce sera au coeur du projet. 


Propos recueillis par Fabrice Valéry

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