Affaire Chloé : la réclusion criminelle à perpétuité requise contre Kamel Bousselat

Une peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté a été requise contre Kamel Bousselat, jugé devant les assises du Gard pour l'enlèvement, la séquestration et les viols d'une adolescente kidnappée à Barjac en novembre 2012.

Kamel Boussemal le 17 juin 2016
Kamel Boussemal le 17 juin 2016 © SYLVAIN THOMAS / AFP

 

L’avocat général Stéphane Bertrand a requis, ce mardi, la réclusion criminelle à perpétuité contre Kamel Bousselat aux assises du Gard à Nîmes.

durée de la vidéo: 01 min 47
Affaire Chloé : la réclusion criminelle à perpétuité requise contre Kamel Bousselat ©F3 LR

Bousselat "une bombe à retardement"


L'avocat général a vu dans l'accusé, qui a reconnu les faits, "le portrait type du prédateur sexuel dangereux, récidiviste". Le traitement de "castration chimique" que prend l'accusé est "du vent", selon l'avocat général qui a qualifié Kamel Bousselat de "bombe à retardement".

L'avocat général
L'avocat général © Denis Pardanaud/France 3 LR

L'accusé, un récidiviste


L'avocat général a demandé aux jurés "avec force, avec conviction de le laisser en prison et de ne lui laisser aucun espoir de sortir". Stéphane Bertrand a rappelé que l'accusé, âgé de 36 ans, avait été condamné en 2009 pour une série d'agressions sexuelles commises deux ans plus tôt à cinq ans de prison, dont deux avec sursis et mise à l'épreuve. Il était sorti de prison le 14 septembre 2012, soit moins de deux mois avant le rapt de Chloé.

Kamel Bousselat, à son procès aux assises du Gard à Nîmes - 14 juin 2016
Kamel Bousselat, à son procès aux assises du Gard à Nîmes - 14 juin 2016 © Z.S. F3 LR

"Un voyage vers l'enfer"


Auparavant, Me Béatrice Lobier-Tupin avait qualifié sa cliente, aujourd'hui âgée de 19 ans, de "miraculée" d'un "voyage vers l'enfer": "Une semaine avec la peur permanente de mourir".
Violée au moins à sept reprises au cours d'un long périple à travers la France, l'Italie et l'Allemagne, la jeune fille est aussi enfermée jusqu'à sept heures par jour dans le coffre de la voiture de son ravisseur.

Chloé lors du deuxième jour du procès des assises du Gard le 17 juin 2016
Chloé lors du deuxième jour du procès des assises du Gard le 17 juin 2016 © D.Pardanaud/France 3 LR

Elle ne devra sa libération le 16 novembre 2012 qu'à un accident de voiture en Allemagne : après le choc, Kamel Bousselat s'enfuit, elle frappe de toutes ses forces sur la paroi du coffre et sera libérée par des policiers allemands, près d'Offenburg, à une trentaine de kilomètres de Strasbourg. L'accusé sera interpellé peu après et extradé vers la France.

Nîmes - Chloé Rodriguez et son avocate Béatrice Lobier-Turpin dans la salle d'audience - 13 juin 2016.
Nîmes - Chloé Rodriguez et son avocate Béatrice Lobier-Turpin dans la salle d'audience - 13 juin 2016. © F3 LR

"Je serai la dernière (victime) je peux vous l'assurer" 


Silhouette gracile et voix juvénile, Chloé avait témoigné une première fois avec force mardi matin, au second jour du procès qui se tient à Nîmes. Elle avait ensuite demandé à revenir à la barre pour exiger des excuses de son bourreau pour elle et sa famille.
"Il y a eu des victimes avant moi mais je serai la dernière je peux vous l'assurer", avait-elle lancé à la cour, demandant que Kamel Bousselat soit "enfermé" et "ne sorte jamais".

Chloé a fait face


Après "l'euphorie" du retour, Chloé, très entourée par sa famille, a connu les effets du stress-post traumatique --troubles alimentaires, dépression... Mais son avocate a salué la capacité de la jeune fille à "faire face pour en sortir plus forte".  Elle est notamment partie seule en Australie pendant plusieurs mois pour "mettre de la distance".
durée de la vidéo: 00 min 50
Affaire Chloé : pour la famille ce n'est qu'une étape

“Derrière cette personnalité il a un être comme vous et moi"


L'avocate de Bousselat Me Morgane Armand a pour sa part tenté de montrer l'humanité de son client en décrivant les attentions qu'il a eues pour Chloé (il lui a notamment apporté une couverture). “Derrière cette personnalité il a un être comme vous et moi.", a-t-elle plaidé.
durée de la vidéo: 01 min 39
Affaire Chloé : l'enfermement seul ne sert à rien

“L'enfermement ne solutionne pas grand chose. (...) Il (Bousselat) fait ce qu'il peut avec ce qu'il est.", a déclaré son avocate rappelant que Bousselat n'a eu "comme exemple que la violence et la domination" (elle fait référence au père de l'accusé). Bousselat a pleuré pendant quasiment l'intégralité de la plaidoirie de son avocate.

Le verdict est attendu mercredi.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
affaire chloé justice société assises violence faits divers criminalité enquêtes