Excédé par une battue à proximité de son domicile en Ariège, il tire sur l'un des chasseurs

Un habitant de la commune de Serres-sur-Arget dans le département de l'Ariège vient d'être mis en examen pour violences volontaires avec arme. Samedi 19 décembre, il a tiré avec une carabine à plomb sur un chasseur participant à une battue à proximité de sa propriété.

Ce samedi, dans une forêt de la petite commune de Serres-sur-Arget, en Ariège, le président de l'association de chasseurs a été visé par des tirs de carabine à plomb, alors qu'il participait à une battue avec une trentaine de personnes
Ce samedi, dans une forêt de la petite commune de Serres-sur-Arget, en Ariège, le président de l'association de chasseurs a été visé par des tirs de carabine à plomb, alors qu'il participait à une battue avec une trentaine de personnes © IP3 PRESS/MAXPPP

Le chasseur a été touché à l'abdomen et au visage. Samedi 19 décembre alors que cet homme de 68 ans participait à une battue avec une trentaine de personnes sur la commune de Serres-sur-Arguet dans le département de l'Ariège, le propriétaire d'une maison à proximité lui tire dessus avec une carabine à plomb. Six coups selon plusieurs témoins sur place.

L'auteur des coups de feu a été présenté devant le parquet de Foix et mis en examen pour violences volontaires avec arme. Les jours de la victime ne sont pas en danger mais le traumatisme est profond. 

Un vieux conflit ? 

Selon nos confrères de France Bleu Occitanie, l'origine du drame serait à chercher dans un vieux différend entre les deux hommes. Le tireur ne supporterait plus la présence des chasseurs à proximité de son domicile. "La victime n'était pas forcément la cible, estime Julien Moreau président de l'association intercommunale de chasse (AICA) qui compte environ une cinquantaine d'adhérents sur les communes de Serres et Burret. L’auteur des coups de feu n’aimait tout simplement pas que l’on passe près de chez lui. C’est le président de l'association communale de chasse qui a été touché mais cela aurait pu être quelqu’un d’autre".

Ce fait divers intervient dans un contexte particulièrement tendu après la mort de Morgan Kean, 25 ans, tué à Calvignac (Lot) par un chasseur.  "C’est vraiment regrettable, déplore Julien Moreau. Mais nous sommes vraiment dans une période qui devient totalement irrationnelle. Au cours des 40 dernières années, il y a eu une baisse du nombre d’accident (-41% d'accidents en 20 ans et -71% d'accidents mortels sur la même période selon l'OFB), notamment en raison d’une meilleure formation des chasseurs, alors que cette année en France au moins 3 millions de balles ont été tirées".

Le chasseur ariégeois dénonce le rôle joué par les réseaux sociaux amplifiant la défiance vis-à-vis de la chasse, "il y a de véritables appels au meurtre contre nous".

Des efforts à faire du côté des chasseurs

Il rappelle que les autorisations accordées durant le confinement étaient des "missions de service public afin de régulariser les gros gibiers qui envahissent et détruisent les champs et les productions agricoles".

Mais Julien Moreau le reconnait, même si les chasseurs ont déjà fait beaucoup d’efforts, ils ont encore un gros travail à faire en matière de communication : "être davantage à l’écoute des gens, être plus cordiaux et moins agressifs". 

Suspendues suite à l’accident de samedi, les battues devraient reprendre à Serres-sur-Arguet mercredi 22 décembre.

 

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