Ours des Pyrénées : le nouveau projet de sauvegarde européen qui inquiète les éleveurs de l'Ariège

Un nouveau Projet Life de protection de l’ours des Pyrénées devrait être lancé en septembre prochain et pour six ans. Doté de près de 8 millions d’euros et financé aux trois-quarts par l’Union européenne, l’objectif est de péréniser une population viable d’ours bruns.

Un projet de sauvegarde de l'ours brun des Pyrénées pourrait bientôt être lancé.
Un projet de sauvegarde de l'ours brun des Pyrénées pourrait bientôt être lancé. © Philippe Clément / MaxPPP

L'heure est grave (…). Une décision quasi féodale prise depuis Bruxelles, des moyens stupéfiants pour que nous, pauvres pyrénéens, acceptions sagement le triplement de la population d'ours actuelle, et avec le sourire peut-être !”. L’ASPAP, l'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées ne mâche pas ses mots. Ces opposants déclarés à la réintroduction de l’ours ne veulent pas entendre parler du nouveau projet Life Ours.

Tripler la population d'ours ?

Doté de près de 8 millions d’euros et financé à 75 % par l’Union européenne, ce plan devrait être lancé en septembre prochain. Sa durée ? six ans. Selon un document de la préfecture de la Région Occitanie publié sur la page Facebook de l’ASPAP, l’objectif est clair : il s’agit de « maintenir dans la durée une population viable d’ours bruns ».

Pour y parvenir, la Préfecture propose un plan en plusieurs étapes : Dans un premier temps - entre septembre 2021 et juin 2022, il s’agit "d'analyser les mécanismes de déprédation sur les animaux domestiques pour améliorer la protection des troupeaux". Il sera également créé un “réseau chiens de protection” et “l’effarouchement automatique” sera étudié.

Améliorer la protection des troupeaux

Dans un second temps (juin 2022 - septembre 2027), plusieurs actions seront mise en oeuvre. Selon le document de la Préfecture d'Occitanie. Comme l’amélioration des “corridors écologiques de l’ours", mais aussi “l’amélioration des moyens de protection des troupeaux”, “la création d’une médiation territoriale” ou encore d’un “Centre de ressources sur l’ours”.

Un plan qui n’a pas tardé à diviser. Comme souvent la guerre fait rage entre pro et anti-ours. Dans un entretien accordé à nos confrères d’actu.fr, la présidente du département de l’Ariège se dit opposé au Projet Life : “ L’objectif est d’acheter au prix de 8 millions d’euros, l’acceptation des politiques décidées à Bruxelles de préservation de la biodiversité par les populations locales des acteurs pyrénéens” explique Christine Téqui. Et de rajouter : “Dans ces politiques figurent en bonne place non seulement le maintien de la population d'ours, mais surtout l'objectif d'en tripler le nombre. En contrepartie, des "mesurettes" sont annoncées (…)."

On l'aura compris, un nouveau bras de fer s'engage et il ne fait que commencer.
Selon le dernier rapport du Réseau Ours Brun, il y avait en 2020 une population de 57 ours, dont 12 oursons dans les Pyrénées françaises et espagnoles. Une population qui « croît progressivement » depuis 2006 sur une zone de plus de 8 000 km2.

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