"Stress des brebis, désarroi des bergers" : conséquences des attaques de l'ours en forte augmentation dans les Pyrénées

La prédation de l'ours a fortement progressé depuis le début de l'année dans les Pyrénées. Le dernier rapport de l'Office National de la biodiversité a dénombré 150 attaques. C'est 21% de plus que l'an dernier. Les éleveurs ovins sont à bout de nerfs.

À mi-saison, le bilan de la prédation de l'ours est saisissant : 150 dossiers de constats de dommages aux troupeaux transhumants entre janvier et juillet 2023. Les éleveurs ovins affichent leur désarroi et leur colère.

21 % d'attaques d'ours en plus

Tous les 6 mois, l'Office français de la Biodiversité, qui suit de très près les ours dans les Pyrénées, publie les chiffres de prédation du plantigrade. Et cette première partie de l'année 2023 est sans commune mesure avec celle de l'an dernier, notamment dans le haut Couserans en Ariège.

L'OFB a comptabilisé 21% d'augmentation des prédations de l'ours. 150 dossiers de constats de dommages aux troupeaux ont été enregistrés entre janvier et juillet, contre seulement 123 l'année dernière à la même époque.

Des éleveurs à bout de nerfs

C'est en Ariège, où vivent 90% des ours que les dégâts sont les plus lourds. Les pertes reconnues chaque année sont estimées entre 900 et 1000 brebis. À cela s’ajoutent autant de bêtes disparues dont les bergers et les éleveurs ne retrouvent jamais les cadavres.

La Fédération Nationale Ovine tire le signal d'alarme. Car les pertes indirectes dues à la prédation de l'ours sont lourdes : "le stress des brebis, les avortements, sans parler des conséquences non quantifiables que sont le mal-être et le désarroi des bergers et des éleveurs de brebis".

Les effarouchements en question

La Préfecture de l'Ariège a pris cet été plusieurs arrêtés, autorisant l'effarouchement de l'ours. Des arrêtés combattus en justice par l'association animaliste One Voice, qui a d'ailleurs obtenu l'annulation de 3 d'entre eux le 19 juillet dernier. Une nouvelle procédure est en cours au tribunal administratif de Toulouse.

La Fédération Nationale Ovine exige que l’Etat décuple les moyens humains et matériels affectés à l’effarouchement des ours. Elle considère "qu'il n’est pas tolérable que les éleveurs, les bergers et leurs troupeaux risquent leur vie sans autre moyen d’action que les flashs lumineux et les pétards utilisés par l’OFB en Ariège".