Armée : fin de l'opération Barkhane au Mali, 8 soldats d'Occitanie sont morts dans cette lutte anti-terroriste

Ce mercredi 17 février, Emmanuel Macron, le président de la République et ses partenaires européens et canadiens ont officiellement annoncé le retrait des troupes françaises du Mali. Un retrait qui va durer de 4 à 6 mois. Cette lutte contre le djihadisme a provoqué la mort de 53 soldats français dont 8 d'Occitanie en 9 ans.

Messages hostiles de la junte au pouvoir au Mali, manifestations tendues… Le départ des troupes françaises au Mali s'est précisé ce mercredi 17 février lors du sommet entre l'Union européenne et l'Afrique au terme de 9 ans de lutte antijihadiste. 

Un retrait sous haute tension qu'il va falloir sécuriser. L’armée française mettra plusieurs mois pour partir de Gao, l’épicentre de la logistique militaire au Sahel. 

Un retrait qui prendra 4 à 6 mois 

"Les bases de Gossi, de Ménaka et de Gao vont fermer", a précisé ce jeudi en conférence de presse Emmanuel Macron." Cela prendra quatre à six mois ". Un scénario " très optimiste " selon un ancien chef militaire qui a opéré dans la région. 

Aujourd’hui, 2.400 soldats français sont présents au Mali dont plusieurs issus de régiments d'Occitanie. Les redéployer par avion ne posera sans doute pas de problème, mais c’est toute la garnison derrière qu’il va falloir évacuer. Des centaines de véhicules blindés, des installations de transmission qu'il n'est pas question de laisser sur place, aux mains de la junte.

Un redéploiement des troupes 

Le chef de l'Etat a précisé ce mercredi que ce n'était pas un retrait mais bien un redéploiement des troupes françaises au Sahel. « Le président veut que nous nous réorganisions. Nous ne partons pas, mais nous allons nous réorganiser pour que la lutte contre le terrorisme continue », a déclaré Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense.

La France est militairement présente depuis 2013 au Mali. Paris est intervenu pour enrayer la progression des groupes islamistes radicaux menaçant Bamako et a ensuite mis sur pied une vaste opération régionale, Barkhane, déployant des milliers de soldats pour lutter contre les franchises locales d'Al-Qaïda et du groupe État islamique.

La junte malienne ne veut plus d'occidentaux sur son sol

Malgré des victoires tactiques, le terrain n'a jamais été véritablement repris par l'État malien et ses forces armées.

En 2020 et 2021, le gouvernement malien est renversé lors d'un double coup d'Etat. Lorsque la junte arrive au pouvoir, elle refuse d'organiser des élections avant plusieurs années et alimente un sentiment antifrançais croissant dans la région.

Les autorités maliennes font désormais appel, selon les Européens, aux mercenaires russes de la société Wagner.

Continuer à jouer un rôle fédérateur

" Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie, ni les objectifs cachés », a justifié le président français, assurant que la France continuerait dans la région « à jouer un rôle fédérateur ».

Actuellement 4 300 militaires français sont déployés au Sahel. Ce départ du Mali va donc forcer Paris à accélérer la réorganisation des troupes françaises dans d'autres pays de la région menacés par la contagion jihadiste, notamment dans le golfe de Guinée.

8 soldats d'Occitanie morts au Mali

Au total 58 militaires sont morts au Mali depuis 2013 dont 53 dans des combats durant les opérations Serval puis Barkhane. Les régiments d'Occitanie ont payé un lourd tribu dans ces pertes.

Au total 8 soldats incorporés en Occitanie ont péri au Mali en 9 ans. Cédric Charenton et Alberic Riveta du 1er RCP de Pamiers en Ariège. Arnaud Volpé, Sébastien Texier et Tojohasina Razafintsalama du 1er RHP de Tarbes. Andy Fila et Abdelatif Rafik du 14ème RISLP de Toulouse. Puis Dejvid Nikolic du 1er REG de Laudun-l'Ardoise.

4 militaires originaires de notre région 

S'ajoutent à cela, quatre militaires originaires de notre région mais incorporés dans des régiments extérieurs à l'Occitanie. Samir Bajja du 4ème RHFS de Pau originaire du Gard, l'adjudant Thomas Dupuy originaire de Montastruc-la-Conseillère en Haute-Garonne, Wilfried Pingaud de l'Hérault et enfin très récemment Ronan Pointeau du 1er RS de Valence né à Castres mais qui vivait à côté de Montpellier et qui a été assassiné par des terroristes au Mali le 2 novembre 2019Il avait 24 ans.

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