Attentats de Trèbes et de Carcassonne en 2018 : les complices présumés de l'auteur seront jugés

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Écrit par Bérénice Del Tatto avec l'AFP

L'auteur des attentats meurtriers de Trèbes et Carcassonne de 2018 a été tué lors des événements par les forces de sécurité. Sept de ses proches, âgés de 24 à 33 ans, seront jugés pour complicité suite à une décision du parquet antiterroriste.

Les attentats de Trèbes et Carcassonne de 2018 auront marqué l'esprit des forces de l'ordre locales. L'un deux, Arnaud Beltrame, s'était sacrifié à la place d'un otage.

Les faits remontent au 23 mars 2018. Radouane Lakdim, 25 ans, vole une voiture à Carcassonne. Armé, il tue le passager de 61 ans et blesse le conducteur de 26 ans. Il tire ensuite sur un groupe de CRS à proximité de leur caserne, blessant l'un d'eux, avant de rejoindre un supermarché à Trèbes (Aude). C'est là que la prise d'otage a eu lieu.

Un auteur et ses complices radicalisés

Radouane Lakdim s'est présenté comme un soldat du groupe Etat islamique (EI) et criant "Allah Akbar", il tue aussi un boucher et un client dans le supermarché.

L'EI avait revendiqué ces attaques, une revendication jugée "opportuniste" par l'accusation : les investigations n'ont pas établi de contacts entre Radouane Lakdim et l'organisation, ni de complice ou de co-auteur.

Après quatre ans d'enquête, le Parquet national antiterroriste demande qu'une femme et six hommes, appartenant à l'entourage de l'auteur soient jugés par la cour d'assises spéciale pour leur aide matérielle ou intellectuelle.

La petite amie et le meilleur ami comparaissent

La petite amie et le plus proche ami de assaillant, Marine P., 24 ans, et Samir M., 27 ans, comparaissent pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle" selon la lecture du dossier qu'a pu faire l'AFP.

La jeune femme se définissait comme une "ardente défenseur du jihad"

Dossier d'investigation consulté par l'AFP

Samir M. était "le plus proche ami" de l'auteur. Ensemble, "ils traînaient" dans le quartier Ozanam de Carcassonne, faisaient du sport et du trafic de stupéfiants. "Pourtant éclairé sur la dangerosité de Radouane Lakdim", il l'a conduit dans une armurerie pour qu'il achète un poignard deux semaines avant les faits, souligne l'accusation.

Les proches coupables de soutien intellectuel ?

Un autre ami de l'auteur des faits, Sofian B., 24 ans a déjà été condamné quand il était mineur pour avoir projeté de se rendre en zone irako-syrienne en 2017. Il devra être jugé pour avoir fourni un soutien intellectuel à Radouane Lakdim, considère le Parquet national antiterroriste. Il avait échangé avec lui sur un forum de discussion acquis à l'idéologie jihadiste, notamment sur l'interprétation de publications religieuses. 


Le parquet antiterroriste réclame que deux autres hommes soient jugés pour "non-dénonciation de crime terroriste". L'un deux, beau-frère de l'auteur, est aussi accusé d'avoir nettoyé le domicile des Lakdim, emmenant un sac volumineux avec lui avant une perquisition des policiers.

Nous ne savons toujours pas ce qui lui est matériellement reproché à part le fait d'être le beau-frère de Lakdim.

Me Emmanuelle Franck, avocate d'un prévenu à l'AFP

Deux autres hommes sont sous la menace d'un procès, notamment pour détention d'armes. Il revient désormais aux juges d'instruction d'ordonner ou non un procès aux assises en suivant ou non les qualifications du parquet antiterroriste.