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Salon de l'agriculture : le cahier de doléances du monde paysan au Président Macron

Emmanuel Macron, Président de la République, au salon de l'agriculture 2019. / © JULIEN DE ROSA / POOL / AFP
Emmanuel Macron, Président de la République, au salon de l'agriculture 2019. / © JULIEN DE ROSA / POOL / AFP

Le président de la République a prévu de passer la journée au salon de l'agriculture comme l'année dernière. Avec la volonté de rencontrer les acteurs de toutes les filières et d'écouter leurs doléances. Tant mieux, ils ont tant de choses à lui dire.

Par Olivier Le Creurer

"Moi, je galère, je veux m'installer mais les gros exploitants récupèrent toutes les terres," se désole Nicolas Puech, futur éleveur, espère-t-il, de vaches gasconnes au nord de Carcassonne, dans la Montagne noire (Aude).

La politique agricole commune est faite pour les gros, pas pour des gens comme nous


Son projet est abouti : vendre sa viande en direct et faire de l'agrotourisme. "Mais je ne sais pas si je vais y arriver. Le président de la République doit aider les jeunes à s'installer et privilégier la qualité. La politique agricole commune est faite pour les gros, pas pour des gens comme nous."

Nous prendrons des mesures fortes pour faciliter l'accès au foncier pour les jeunes agriculteurs


Emmanuel Macron semble bien conscient de la problématique foncière : "on sait ce qui bloque aujourd'hui, c'est l'accès à la terre agricole. Nous prendrons des mesures fortes pour faciliter l'accès au foncier pour les jeunes agriculteurs, nous les prendrons d'abord dans le cadre d'une loi foncière à venir", a-t-il déclaré au salon.
 

Lucille Nicaud est encore étudiante (en Terminale conduite et gestion d'une entreprise agricole en Charente). Elle veut devenir soigneur animalier ou s'installer et élever des vaches "mais à faible effectif et fabriquer des fromages".

Avec d'autres jeunes de sa classe, elle est au salon avec des Bretonnes pie noire. "Monsieur Macron, qu'il aide les agriculteurs, qu'il nous aide à valoriser nos produits."

Lucille veut devenir soigneur animalier on s'installer et élever des vaches "mais à faible effectif et fabriquer des fromages" / © O. Le Creurer
Lucille veut devenir soigneur animalier on s'installer et élever des vaches "mais à faible effectif et fabriquer des fromages" / © O. Le Creurer

Les jeunes sont inquiets : "Ce métier d'agriculteur, on l'adore, c'est notre passion, mais si on ne peut pas en vivre ? " explique Benjamin Lorand, 22 ans, technicien dans une coopérative des Côtes d'Armor. 

Ce métier d'agriculteur, on l'adore, c'est notre passion, mais si on ne peut pas en vivre ...


"Les états généraux de l'alimentation devaient nous apporter un meilleur prix de revient mais c'est toujours aussi difficile."
 
"Ce métier d'agriculteur, on l'adore, c'est notre passion, mais si on ne peut pas en vivre ? " explique Benjamin Lorand, 22 ans, technicien dans une coopérative des Côtes d'Armor.  / © O. Le Creurer
"Ce métier d'agriculteur, on l'adore, c'est notre passion, mais si on ne peut pas en vivre ? " explique Benjamin Lorand, 22 ans, technicien dans une coopérative des Côtes d'Armor.  / © O. Le Creurer

Dans les stands, les agriculteurs parlent tous qualité. "Les agriculteurs français signent des cahiers des charges. Alors, comment peut-on faire face à toutes ces importations ? Comme cette viande qui arrive de Pologne, polluée. On est pris pour des imbéciles. Ce n'est pas normal."

Le président de la République doit commencer à respecter ses agriculteurs


"Le président de la République doit commencer à respecter ses agriculteurs. Qu'il agisse vite s'il veut qu'il y ait encore des agriculteurs en France dans 20 ans," explique Jérôme Jacquet, producteur de lait pour la fabrication du reblochon en Haute-Savoie.

Qu'il agisse vite s'il veut qu'il y ait encore des agriculteurs en France dans 20 ans


Il insiste: "pour l'instant, nous nous sommes tenus à l'écart des gilets jaunes. On ne va pas enfiler les gilets jaunes. Mais si le président de la République n'arrive pas à comprendre, on va prendre nos tracteurs et nos vaches et on va descendre dans la rue."
 

 

Jessy, 19 ans, a rencontré le Président de la République

Il s'appelle Jessy Koch-Kouider et est âgé de 19 ans. Originaire de Lunéville, en Lorraine, il étudie actuellement au lycéen hôtelier de Gérardmer (région Grand Est). Sa passion, c'est le fromage. Et son objectif, ce serait de pouvoir en faire sa spécialité. Idéalement, il se verrait bien éleveur et fabriquer lui-même son fromage à la ferme.

Mais ce week-end, il est à Paris, sur le stand du CNIEL au Salon de l'Agriculture. Il propose au public de découvrir les produits issus de la filière laitière : yaourts, fromages, beurre. Et s'il y a bien quelque chose dont Jessy va se souvenir, c'est de sa rencontre avec Emmanuel Macron, lors de la visite de celui-ci dans les allées de la plus grande ferme de France.
Il y avait beaucoup de monde autour du Président de la République. Et le jeune homme n'a pas pu échanger beaucoup avec le chef de l'Etat : "je l'ai vu une quinzaine de secondes. Juste le temps de me présenter et de lui dire dans quelle formation j'étais".
 

Il faudrait développer la formation pour les fromagers.


Au final, un temps d'échange très limité pour le jeune homme. Alors nous lui avons posé la question : qu'aurait-il aimé demander au Président de la République ? Jessy nous répond qu'il aurait aimé lui proposer de développer davantage la filière laitière. "Il faudrait développer la formation pour les fromagers. Actuellement, il y a une dizaine de formations de fromager en France, mais il en faudrait davantage". D'ailleurs le jeune homme envisage de s'inscrire à la formation qui s'ouvre l'an prochain dans son établissement des Hautes Vosges.
 

Emmanuel Macron, s'il avait eu le temps, aurait pu lui répondre par la célèbre phrase du Général de Gaulle : "comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ?". Le président ayant été interrogé sur de nombreuses questions, parfois d'ordre très personnels.


 

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