Salon de l'agriculture : “ Défense de toucher aux animaux ”

"Défense de toucher aux animaux. Respectez-les." Les affiches sont très visibles. Pour autant, les agriculteurs sont plutôt bienveillants. Objectif : ne surtout pas couper le lien déjà très fragile entre les urbains et le monde paysan.  / © O. Le Creurer
"Défense de toucher aux animaux. Respectez-les." Les affiches sont très visibles. Pour autant, les agriculteurs sont plutôt bienveillants. Objectif : ne surtout pas couper le lien déjà très fragile entre les urbains et le monde paysan.  / © O. Le Creurer

"Défense de toucher aux animaux. Respectez-les." Les affiches sont très visibles. Pour autant, les agriculteurs sont plutôt bienveillants. Objectif : ne surtout pas couper le lien déjà très fragile entre les urbains et le monde paysan. 

Par Olivier Le Creurer

Majorette est une magnifique limousine de 834 kg. Elle ne compte plus les mains posées sur sa tête. "C'est pénible. Certains animaux n'aiment pas qu'on leur touche la tête. Les bêtes ne sont pas habituées à voir du public. Elles passent leur vie au pré. Bon, elles en ont pris leur parti," souffle Jean-Pierre Rouveland, éleveur dans la Vienne. 

Les bêtes ne sont pas habituées à voir du public


Les panneaux sont partout : "Défense de toucher aux animaux. Respectez-les." "Les gens viennent au salon de l'agriculture comme s'ils venaient un peu au zoo. Je comprends qu'ils veuillent toucher. Mais je vois le fossé se creuser entre les urbains et les agriculteurs. Avant, les urbains avaient tous quelqu'un de leur famille dans le milieu agricole. Ce n'est plus le cas." 

Je vois le fossé se creuser entre les urbains et les agriculteurs


"Le fossé se creuse avec les plus jeunes surtout. On me pose des questions déconcertantes : pourquoi les vaches sont maigres alors qu'elles ne le sont pas ? évoque Michel Follezou, éleveur (Côtes d'Armor) , qui surveille ses vaches Prim'Holstein. "Mais quand on leur explique, ils comprennent."
 
"Les gens viennent au salon de l'agriculture comme s'ils venaient un peu au zoo." / © O. Le Creurer
"Les gens viennent au salon de l'agriculture comme s'ils venaient un peu au zoo." / © O. Le Creurer


Thierry Couteau, éleveur de gasconnes des pyrénées (Aude) est toujours disponible. Son taureau, Imperial, impressionne. "Il est habitué aux salons, il est blasé," adresse-t-il a des visiteurs.

"Il faut faire attention car ces animaux peuvent blesser. Mais ils sont bien mieux installés qu'il y a quelques années. Le public pose très peu de problème. Il y a dix ans, il fallait se battre."
 
Un enfant touche la tête d'un animal au salon de l'agriculture. / © O. Le Creurer
Un enfant touche la tête d'un animal au salon de l'agriculture. / © O. Le Creurer

On ne peut quand même pas leur interdire de toucher les animaux. Les visiteurs ne les voient qu'une fois par an en venant au salon !


L'affiche est bien visible mais la grand majorité des agriculteurs sont bienveillants. "On ne peut quand même pas leur interdire de toucher les animaux. Les visiteurs ne les voient qu'une fois par an en venant au salon !" 
 

Une grande ferme


"Regardez nos moutons, ils ruminent, donc tout va très bien. Globalement, le salon est calme. Ce sont les mouvements violents que n'aiment pas les animaux," précise Guillaume d'Allaines, éleveur de moutons South down, dans l'Allier. 

Le salon de l'agriculture de Paris devrait encore accueillir cette année plus de 700.000 personnes. Une grande ferme pour les beaux yeux du public venu en famille en ce dimanche. Cette tradition, les agriculteurs veulent absolument la voir perdurer.

Sur le même sujet

Max Brail, maire de Lastours, regrette le manque de soutien de la part de l'Etat

Les + Lus