Procès du scandale de la viande de cheval : les anciens cadres de Spanghero sur le gril

Jacques Poujol et Patrice Monguillon, les anciens cadres de la société Spanghero à gauche de l'image interrogés par les juges au 3e jour du procès. / © J. Sanna. F3LR
Jacques Poujol et Patrice Monguillon, les anciens cadres de la société Spanghero à gauche de l'image interrogés par les juges au 3e jour du procès. / © J. Sanna. F3LR

Jacques Poujol et Patrice Monguillon, l'ancien directeur général et l'ex- responsable du site de Castelnaudary étaient à la barre du tribunal correctionnel de Paris tout l'après-midi.

Par Josette Sanna

Au tour de deux des principaux prévenus et principalement Jacques Poujol de s'expliquer sur ses pratiques au sein de l'entreprise Spanghero sur le circuit de la viande.
Les anciens cadres ont été interrogés sur leurs pratiques commerciales, leurs relations avec les employés de l'entreprise et avec les traders néerlandais co-prévenus dans ce dossier.

Travailler à nouveau avec un trader à problèmes ?

Jacques Poujol a travaillé avec Fasen entre 20016 et 2009.
Le négociant en viande néerlandais lui livrait des minerais pour la fabrication des steacks hâchés.
"Vous aviez été informé en juin 2011 de la précédente affaire de M.Fasen, vous auriez déclaré aux salariés que vous aviez déjà été confronté à de la viande de cheval à la place de la viande de bœuf. Or, en octobre novembre 2011, vous aviez malgré ça commercé avec M.Fasen ?" interroge la présidente.
"Quand j’ai été alerté en juin 2011, j’avais déjà vendu mon entreprise. On m’a parlé d’une enquête sur M.Fasen qui aurait vendu du cheval pour du bœuf halal. On m’a demandé les factures, alors que j’avais arrêté de travailler avec lui depuis juin 2009.

Dans le steak hâché quand on rencontre un problème avec le fournisseur, puis deuxième problème, il passe au voyant rouge. C’était donc le cas de M.Fasen.

Et l'enquêtrice, on ne l’a plus revue, je ne savais donc pas que la SAS Poujol était victime de M.Fasen. J’en étais resté à l’enquête",  explique Jacques Poujol.

Négligence

La présidente : "Vous avez déclaré : «  je n’ai jamais prêté attention à la qualité de la viande lors de sa réception ». Est-ce qu’on ne doit pas être plus attentif lorsqu’il s’agit de contrats oraux ?
"Le négoce, c’était 4% du chiffre d'affaires, avec 2 livraisons par mois, donc il n’y avait pas d’attention particulière.

"Pourquoi dans les livraisons de Drapp ( le trader néerlandais) à destination de Tavola ( sous-traitant de Picard pour les plats cuisinés surgelés), les fiches-palettes ont-elles été enlevées et modifiées ? insiste la présidente.

"Uniquement pour que notre client ne puisse pas prendre contact avec notre fournisseur", précise Jacque Poujol

"Sur la fiche palette, beaucoup de renseignements obligatoires sur l’origine de la viande n’y étaient pas".

"Je reconnais la négligence. On n’aurait pas dû poser notre estampille sur une viande qu’on n’avait pas contrôlée. On n’aurait jamais dû ajouter «  Origine UE » alors qu’on aurait dû vérifier le pays d’élevage et d’abattage".

Ca fait beaucoup d’erreurs sur une fiche palette , soupire la présidente.

Hier les avocats de Jacques Poujol, qui soutiennent qu'il a été trompé par le trader néerlandais ont obtenu de pouvoir être informés des procédures visant Johannes Fasen à l'Etranger.
Johannes Fasen devrait venir s'expliquer lundi prochain devant le tribunal.
procès spanghero
Antoine Vey, avocat de Jacques Poujol - F3LR - S. Bechir

"Le rôle de Jacques Poujol à son arrivée dans l'entreprise à l'époque en grave difficulté était de pointer les dysfonctionnents", expliqe Me Antoine Vey, avocat de J.Poujol à l'issue de la première journée consacrée à l'examen des faits.
 

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