Départementales 2021 dans l’Aude : ce qu'il faut retenir après le premier tour

Environ 274.000 électeurs audois étaient appelés aux urnes ce dimanche pour le premier tour des élections départementales. Un scrutin qui, marqué par une forte abstention dans certains territoires, aura vu le rapport de force profiter à la gauche dans de nombreux cantons.

Dépouillement des votes en mairie de Carcassonne pour le premier tour des élections régionales et départementales, le 20 juin 2021.
Dépouillement des votes en mairie de Carcassonne pour le premier tour des élections régionales et départementales, le 20 juin 2021. © FTV / A. Grellier

Au soir du premier tour, le suspens ne régnait pas en maître sur l'élections départementales dans l'Aude. Bastion présidé par les socialistes depuis l'après-guerre, le territoire avait vu la gauche l'emporter dans l'écrasante majorité des cantons en 2015. Mais plusieurs facteurs pouvait cette année peser sur le scrutin : la progression de l'extrême-droite sur le territoire, les difficultés nationales du Parti socialiste, l'impact d'une faible participation attendue...

Cette année, le PS avait renoncé à faire cavalier seul et se présentait sous une liste d'une union avec plusieurs partis de gauche, dont Europe-Ecologie-Les Verts. Le Rassemblement national était la seule autre formation à présenter un binôme dans chacun des 19 cantons du département. Dans six d'entre eux, le scrutin prenait la forme d'un duel entre les deux mouvements.

Abstention forte

C'est le fait marquant de ces élections départementales à travers la France, et l'Aude n'y échappe pas. Avec 39,74%, la participation est en recul de plus de 17 points par rapport à 2015. Une dynamique également observée à l'échelle nationale : selon une estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions diffusée en début de soirée, l'abstention s'y établit à 66,1%. 

Mais ce chiffre varie de manière importante d'un canton à l'autre. En particulier, les zones urbaines de la préfecture Carcassonne, Narbonne ou encore Lézignan-Corbières enregistres des taux qui dépassent les 60% - jusqu'à 69, 43% dans le canton de Narbonne-1. A l'inverse, les électeurs étaient plus présents dans les bureaux de La Piège au Razès (52,29%) ou de La Malepère à la Montagne Noire (52,52%).

Cinq cantons remportés par la gauche

En 2015, André Viola et Marie-Christine Bourrel étaient les seuls à décrocher le canton de Bram dès le premier tour. Ils ont réitéré ce dimanche dans ce qui est devenu le canton de La Piège au Razès, avec plus de 70% des suffrages. 

Mais l'ancien président du conseil départemental, qui a passé la main à Hélène Sandragné en juillet dernier, est rejoint cette fois par quatre autres binômes. Le Haut-Minervois (65,5%), la Vallée de l'Orbiel (67,25%), le Bassin chaurien (70,7%) et la Montagne d'Alaric n'organiseront pas de second tour et offrent deux sièges à la liste de gauche. 

[Le peuple de gauche] a, je pense, répondu favorablement à cette union à laquelle nous croyons depuis le début. Comme j'ai coutume de dire, sur un mandat de proximité comme le nôtre, ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare.

Hélène Sandragné, présidente sortante du conseil départemental

Dans l'ensemble de ces cantons, les binômes victorieux présentaient au moins une candidature d'un élu sortant. Ils s'opposaient en duel à une liste rattachée au Rassemblement national. Or, "comme l’Aude est un département où on a moins mal voté qu’ailleurs, les candidats qui ont dépassé les 50% des voix ont aussi dépassé les 25% des inscrits [deux conditions pour l'emporter au premier tour, NDLR], expose Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS. C’est à la fois le fruit d’une implantation locale et une capacité moins mauvaise qu’ailleurs de mobilisation de l’électorat."

Cette logique n'a toutefois pas été suffisante dans les Basses plaines de l'Aude, où, malgré une majorité au nombre de voix exprimées (63,34%), le binôme divers gauche se retrouve en ballottage avec celui issu du parti d'extrême-droite.  

"Déception" pour le RN

Signe d'un scrutin moins favorable qu'espéré pour le Rassemblement national : son secrétaire départemental s'incline donc dès le premier tour dans son fief de Trèbes. Christophe Barthès et sa colistière, Régine Pont, enregistrent même un score inférieur de deux points à 2015.

"C’est surtout ça la déception : l’abstention qui est énorme, a-t-il réagi dans la soirée. Notre électorat ne s’est pas mobilisé, comme pour les municipales." Julien Rancoule se maintient quant à lui en ballottage dans la Région limouxine, mais avec un retard de 27 points sur le binôme PS-PCF. Et alors qu'il était arrivé en tête du premier tour dans à l'échelle du département en 2015, le mouvement cède cette place à la gauche.  

Ballottage urbain

Dans les trois cantons de la plus grande ville du département, Narbonne, la gauche se retrouve en tête. C'est le cas notamment à Narbonne-3 où se présente la présidente sortante, Hélène Sandragné. L'union s'apprête toutefois à faire face le 27 juin au Rassemblement national, qui espère toujours une entrée au conseil départemental.

Tant que les derniers bulletins ne sont pas sortis de l’urne, tout est gagnable. (...) Nous allons étudier tous les cas de figures. On va mettre les bouchées doubles cette semaine. Certains cantons vont être libérés et vont aller sur les cantons gagnables.

Christophe Barthès, secrétaire départemental du RN

A Carcassonne et à Lézignan-Corbières, les muncipalités de Gérard Larrat et Gérard Forcada soutenaient des listes divers droite. Seul le binôme de Carcassonne-1, parvient toutefois à ravir la seconde place au RN pour se maintenir, à seulement deux points d'écart du binôme divers gauche, en tête à 36,62% des voix. 

La gauche éliminée dans les Corbières-Méditerrannée

C'était le seul canton à échapper à la gauche en 2015. Rebellotte six ans plus tard. Le binôme écologiste ressort battu du premier tour, laissant le second se disputer entre le RN et les candidats sortants.

Henri Martin et Marie-Christine Théron-Chet semblent là encore profiter de leur implantation et récolent 48,11% des voix. Par rapport au précédent scrutin, l'écart se creuse toutefois entre les deux listes qualifiées, avec 17 points d'écart.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
élections départementales 2021 politique élections