Les nappes phréatiques du Languedoc-Roussillon sont au plus haut après les pluies d'hiver

Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) : les gorges de l'Hérault - 2 avril 2013. / © F3 LR
Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) : les gorges de l'Hérault - 2 avril 2013. / © F3 LR

Après 4 années de manque d'eau, les nappes phréatiques de la région retrouvent des niveaux d'eau normaux. Ce sont les pluies de janvier à mars qui ont permis ce rechargement rapide. La météo n'étant pas clémente, avril devrait encore accentuer le phénomène, éloignant toute sécheresse estivale.

Par Fabrice Dubault


Près du Pont-du-Diable, la nappe phréatique n'en finit plus de déverser son trop-plein dans les gorges de l'Hérault.
A Saint-Guilhem-le-Désert, en contrebas de la grotte de la Clamouse, les résurgences sont nombreuses.
Il faut dire qu'il est tombé 6 fois plus de pluie qu'au cours d'un mois de mars habituel. Ces précipitations, ajoutées à celles, déjà abondantes, de l'hiver, ont accéléré la recharge de la nappe.

Sur les quelque 80 points de relevés que compte la région, le constat des hydrogéologues du Bureau de Recherches Géologiques et Minières est identique. En Languedoc-Roussillon, le niveau des réserves en eau est redevenu normal. Un scénario inédit ces dernières années.

Une situation stabilisée, donc, pour l'instant. Car pour passer l'été sans trop puiser dans nos réserves, il faudrait davantage d'eau sous nos pieds. Et pour ça, que le ciel nous tombe encore un peu sur la tête.

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Gorges de l'Hérault : les nappes phréatiques sont rechargées
Gorges de l'Hérault : les nappes phréatiques sont rechargées

 

Les régions sont inégales face aux futures ressources en eau selon un rapport du Centre d'analyse stratégique (CAS)

Une grande inégalité des régions françaises devant les ressources en eau se profile à l'horizon 2030, indique mercredi un rapport du Centre d'analyse stratégique (CAS) qui pointe le Sud-Ouest et les bassins Seine-Normandie et Rhône-Méditerranée comme des territoires à risque, dans le contexte de réchauffement climatique.
Si le CAS note que "le territoire métropolitain français est globalement bien pourvu en ressources en eau", il existe de "très fortes disparités", ce qui explique qu'aujourd'hui "certaines régions peuvent connaître d'importantes tensions sur la ressource à certaines périodes de l'année". En l'occurrence en été et en automne, au moment de certains pics d'usage (développement des cultures, périodes touristiques, arrosage de jardins, remplissage de piscines, douches fréquentes, etc.).

Le rapport inscrit les futurs besoins dans un contexte marqué par le réchauffement climatique. "La quasi-totalité des projections disponibles indiquent sous la latitude métropolitaine une tendance à la baisse des précipitations moyennes, surtout l'été et l'automne", rappelle le CAS tout en soulignant "les fortes incertitudes sur les baisses effectives à attendre".
En se projetant en 2030, le CAS estime que "les régions qui semblent le plus à risque sont celles qui connaissent déjà aujourd'hui un déficit chronique sur la ressource comme les bassins Seine-Normandie, Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée".

Dans le bassin Seine-Normandie, qui présente déjà des zones en déséquilibre (eau potable pour l'Ile-de-France et irrigation en Beauce), "les projections montrent que le changement climatique devrait aggraver" cette situation. L'alimentation de la région francilienne "pourrait ainsi devenir préoccupante d'ici 2030".
Dans le bassin Adour-Garonne, dans le Sud-Ouest, les problèmes sont concentrés dans les plaines, densément peuplées et lieux de cultures gourmandes en eau (surtout le maïs). Or, une forte croissance démographique y est prévue (+ 1 million en 2050) tandis que la Garonne devrait voir son débit diminuer de 20 à 40% d'ici là.
Quant au Rhône, le fleuve français le plus puissant mais aussi un axe fortement sollicité (production énergétique, irrigation, industries, eau potable, navigation), "sa capacité future à satisfaire tous les usages" est en question.
D'autant qu'on assiste à "une multiplication des prélèvements sur le Rhône et ses affluents qui devrait continuer" avec une forte croissance démographique en Paca, Languedoc-Roussillon et en Rhône-Alpes, une potentielle future irrigation de la vigne et la possible desserte de nouveaux territoires (Causses,
Lozère, Vercors, etc.).
Le débit moyen annuel du Rhône d'ici 2050 pourrait ainsi potentiellement baisser de 14 à 36%, selon cette étude.

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